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 Nyuuwa Ame [Maître]

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Nyuuwa Ame
Maître
Maître


Date d'inscription : 25/10/2010
Messages : 14
Orientation sexuelle : Bisexuel Ambivalent
Caractère : Mixte
Complément Métier : Clinique
Métier Unique : Fou/Infirmier Factice
Maitre de : 'Chaton' Kenji Ikawa & 'Raton' Nezumi Shitei

MessageSujet: Nyuuwa Ame [Maître]   Mar 29 Mar 2016, 16:19






Behind the screen
FEAT : Byakuran
ORIGINE : Katekyo Hitman Reborn !

PSEUDO • ÂGE : Me • Je suis majeur
OÙ AVEZ-VOUS TROUVÉ LE FORUM ? Par mon chaton ♥
VOTRE AVIS SUR LE FORUM : 18/20
LIENS DE VOTRE PERSO : Aucun actuellement, mais possible que j'essaie par la suite de trouver 1 à 2 prédéfinis (le frère de Nyû et/ou son infirmier)
QUELQUE CHOSE À AJOUTER ? Désolé pour le double post, ma fiche est trop longue pour passer en un seul message T^T



Nyuuwa Ame
NOM : Ame { あめ Pluie}
PRÉNOM : Nyuuwa { にゅうわ Amabilité, gentillesse, douceur }
SURNOM : Nyû
ÂGE : 25 ans
NATIONALITÉ : Anglo-Japonais
Né en Grande-Bretagne mais vit au Japon depuis ses 9 ans.

NIVEAU SOCIAL : Aisé.
MÉTIER : Aucun en réalité, mais il se croit infirmier à la Clinique Kokorogake.
Déclaré mentalement irresponsable par les psys de la clinique où il a passé le plus clair de sa vie, Nyû n'est pas réellement apte à travailler. C'est pourquoi ses médecins lui confient parfois quelques petites tâches faciles à exécuter et qui l'occupent dans l'enceinte de la clinique. Ils ont conscience que cela peut avoir le revers de nourrir son fantasme d'être un infirmier, mais quoi qu'ils fassent de toute façon, ils ne parviennent pas à ramener ce jeune fou à la raison sur ce sujet en dehors de ses périodes de lucidité… Au moins ainsi, leur patient reste assez calme et ils peuvent garder un œil sur lui. Même si Nyuuwa n'a pas de revenus réels pour cet emploi factice, il a hérité d'une jolie petite somme à la mort de ses parents qui lui permet de vivre confortablement.

ORIENTATION SEXUELLE : Bisexuel à préférence masculine.
Au jour d'aujourd'hui, Nyû tend plus souvent à « prendre » qu'à « s'offrir » bien qu'il soit totalement ambivalent. Le sexe fait partie intégrante de sa vie depuis qu'il est en âge d'y goûter. Il est néanmoins assez difficile à cerner dans son comportement sexuel qui dépend beaucoup de ses partenaires et, selon la situation et son état d'esprit, ses désirs peuvent s'avérer aussi doux et normaux, qu'étranges, sadiques ou dénaturés… Il est donc préférable de ne pas vous frotter à lui si vous n'êtes pas sûr de ce que vous voulez vraiment.





My body
« Les rêves, la folie et l'ivresse prouvent que notre âme dépend beaucoup de notre corps. »

Si cela ne tenait qu'à ses airs d'ange, ses apparentes douceur et innocence, Nyuuwa pourrait presque être pris pour un enfant. Mais sa stature —bien que plutôt frêle avec ses 1m71 pour une moyenne de 56 kilos— autant que sa manière de se tenir, ne laissent pas s'y méprendre longtemps et pourront vous certifier qu'il a bien son âge et qu'il a tout d'un homme adulte.
La douceur de son physique n'est alors qu'un atout de plus au charme de ce jeune homme, sensuel et élégant. Un rien l'habille et il se contente d'ailleurs de peu. Au delà de sa folie, il n'a aucune pudeur et il n'est pas rare, dans l'intimité de son appartement, qu'il déambule dans le plus simple appareil. On pourrait même ajouter que la présence d'un parfait inconnu chez lui, même à l'improviste, ne changerai rien à cette habitude : Nyû n'éprouve aucun embarras à l'égard de son propre corps, ni vis-à-vis du regard des autres… Et en soi, si on le regarde objectivement, il n'a effectivement pas de quoi avoir honte ! La pâleur de sa peau lisse. Le dessin raffiné de ses traits, de ses lèvres formées de pétales délicats. La finesse des courbes masculines de sa silhouette élancée. Et sa chevelure en bataille, particulièrement volage et légère, d'un blond délavé par des teintures répétitives… Dernièrement il oscille entre ce blond rosé et une couleur vert d'eau qu'il porte étrangement plutôt bien. Mais aussi ses yeux effilés remarquablement tracés et d'une couleur surprenante, hypnotisante, d'un gris profond… Tantôt aussi métallique et brillant que l'argent quand la lumière s'en mêle et joue avec les expressions de son visage, tantôt réchauffé par une nuance de violine lorsqu'une ombre vient recouvrir ses prunelles et approfondir son regard. Et finalement jusqu'à ses ongles, parfois vernis et toujours soignés ; ou encore le tatouage à l'encre noire ornant sa pommette, juste sous son œil gauche… Et qui ne sont pourtant que de petits caprices esthétiques sans grande signification pour lui. Non, aucune honte à avoir, vraiment. Tout chez ce jeune éphèbe est un délice pour les yeux et un seul de ses sourires pourrait certainement séduire même le plus récalcitrant des hommes.
Néanmoins, les expressions de son visage restent trompeuses. Ses sourires justement, par exemple, peuvent être aussi sincères et doux, que faux et sournois. Sans même qu'il ait d'effort à fournir pour cela, il lui suffira d'une simple nuance pour laisser transparaître la plus dangereuse menace derrière l'expression la plus adorable qui soit : c'est son regard qui trahit le plus ses émotions et parvient à insinuer ses épines sous la douceur, en parfait reflet de son âme malade.
La seule réelle fausse note dans toute cette délicate « perfection » est une paire de cicatrices encore douloureuses déchirant sa peau sur chacune de ses omoplates, telles les stigmates d'une paire d'ailes qu'on lui aurait arrachées. En vérité, il s'agit là de blessures qu'il s'est lui-même infligées il y a quelques mois. Mais il en incombe la faute à l'un de ses infirmiers et n'admettra jamais s'être fait ces entailles profondes de sa propre initiative : l'homme cherchait à lui faire voir la vérité, à lui faire prendre conscience de sa folie qui avait dépassé les bornes… Nyuuwa a réagit violemment pour y échapper, pour ne pas affronter la réalité et c'est avec un scalpel pris dans la réserve de la clinique qu'il s'est mutilé, accusant ensuite l'infirmier de l'avoir brutalisé et violenté, dans l'unique but de préserver son univers et d'éloigner cet homme de lui. Ces marques disparaîtront peut-être avec le temps et il reçoit d'ailleurs des soins réguliers pour ces blessures, qui cicatrisent mal néanmoins. Lorsqu'on lui demande comment il s'est fait ça, il répond simplement qu'il s'est fait agressé… convaincu lui-même par ses propres mensonges.


My mind
« Le propre de la folie est de voir les défauts d'autrui et d'oublier les siens. »

Nyuuwa est réellement… spécial. Selon certains, c'est un jeune homme tout à fait charmant, adorable, sensible et très aimable. Même naïf, parfois. Aussi gentil et tendre que son doux visage peut le laisser croire. Selon d'autres, c'est un être dangereux, halluciné et violent, facile à influencer mais quasi impossible à raisonner dans certains cas. Enfin, comme on dit, il ne faut pas se fier aux apparences…
Avec honnêteté, on pourrait alors sans doute dire que l'esprit de Nyû est dérangé, désaxé. Il n'est pas sain d'esprit, tout simplement, même s'il lui arrive de retrouver une forme de lucidité… Souvent insaisissable. Parfois fragile. Généralement difficile à cerner. Sa folie est insidieuse, sournoise, imprévisible, sans cesse évolutive, grandissante et empreinte d'un comportement instable dont il ne mesure pas lui-même l'excentricité.
Car Nyuuwa souffre de ce que l'on appelle communément « Effet d'alcoolisation Fœtale » (E.A.F.). Une forme moindre du « Syndrome d'alcoolisation Fœtale » (S.A.F.). La consommation d’alcool chez une femme enceinte a des conséquences dramatiques sur le développement du cerveau et du cœur du foetus. Durant les 9 mois de grossesse, des échanges sanguins se font entre la mère et le bébé, chaque verre exposant un peu plus le foetus aux troubles causés par l’alcool… Les enfants touchés par l’alcoolisation fœtale présentent souvent un retard de croissance, des difficultés d’apprentissage et de langage, des troubles du comportement et d’adaptation sociale. Ils présentent également des anomalies structurelles du cerveau, parfois des troubles de la vision… mais tous les enfants atteints de cette maladie ne se ressemblent pas car l'effet de l'alcool durant la grossesse varie.
La mère de Nyuuwa l'ignorait et même si la quantité absorbée fut faible, les dégâts sur son enfant furent irrémédiables… Si depuis son enfance les symptômes physiques de Nyû étaient bien moins graves et bien moins développés que chez d'autres malades, se résumant à un simple développement de taille modeste, il en a été autrement des symptômes psychologiques et les médecins consultés ont mit quelques années à trouver l'origine exacte de ses problèmes, avant de finalement diagnostiquer qu'il souffrait de Troubles Neuro-Développementaux Liés à l’Alcool (T.N.D.L.A.) une sous-catégorie de l'E.A.F.
Ainsi, Nyuuwa a toujours eu une personnalité très changeante. Bien plus que « lunatique », ses médecins le considèrent désormais comme « bipolaire » et hésitent d'ailleurs toujours à le qualifier même de « schizophrène ». Enfant hyperactif, il souffrait —et souffre encore parfois à ce jour— de tremblements et de troubles du sommeil, de la mémoire et du langage. Lors de sa pré-adolescence et au delà, ce sont ses rapports sociaux qui se sont sérieusement dégradés, surtout avec son entourage proche, Nyuuwa développant des troubles de l'attachement et du relationnel. Il passa par des périodes de profonde tristesse, pour ne pas dire de désespoir, avant tomber dans des crises de colère, aussi subites que violentes, qui ont progressivement ravagé sa famille… Plongés dans la crainte et l'instabilité par ces éclats incontrôlables, les parents de Nyuuwa ont fait tout leur possible pour ne pas se laisser déborder mais plus les mois et les années passaient, moins ils parvenaient à gérer leur fils et ils finirent par être amenés à le faire interner en service psychiatrique dès l'âge de 12 ans.
Depuis, par un suivi médical constant assisté de la prise de médicaments, ce jeune homme a appri à se contrôler et sait plus ou moins bien contenir ces vagues de violence aussi injustifiées que soudaines. Mais Nyuuwa reste néanmoins quelqu'un d'étrange, quelque peu incompréhensible, et parfois encore susceptible de commettre des actes insensés, de blesser ceux qui ont le malheur de se trouver à proximité de lui dans ces périodes d'instabilité…
Sadique envers les autres mais aussi auto-destructeur, il lui arrive souvent de se blesser lui-même physiquement lors de ses crises, autant qu'il blesse son entourage. Il est incapable d'avoir un jugement objectif et moral sur ses actes. Le bien et le mal n'existent pas pour lui, ce n'est qu'une notion suggestive, abstraite et propre à l'homme, dont il n'assimile plus les données, sauf durant ses rares périodes de lucidité… Tantôt très enfantin, tantôt plus qu'adulte, il ne cesse de surprendre et de décontenancer son entourage par ses réactions si peu adaptées à un jeune homme de son âge.
Par ailleurs, Nyû a toujours eu des difficultés à différencier le réel de l'imaginaire, vivant dans son propre monde où il entraîne ses proches sans leur laisser la moindre alternative. Il s'est alors créé un univers bien personnel dans lequel il ne croit que ce que qu'il veut bien croire : depuis la mort de ses parents et dû au fait qu'il ait atteint sa majorité depuis longtemps déjà, l'asile lui a donné la liberté d'aller voir le monde extérieur, de vivre tel un maître, tout en le jugeant pourtant incapable de travailler « pour de vrai »… Mais il est toutefois dans l'obligation de passer à la Clinique au moins une à deux heures quotidiennes, pour ses divers rendez-vous d'évaluation psychologique. Il s'est alors inventé tout un scénario, s'appuyant sur sa vie dans cet établissement, sur des faits réels que son esprit malade déforme pour les modeler à sa convenance. Ainsi, il se croit infirmier et quoi qu'on lui dise, il n'agira pas comme un patient. Chaque mensonge trouve une justification logique pour lui et son esprit se débarrasse volontiers de ce qui le gêne, sans remord ni regret… Il connaît son nom, son âge, mais sa vision de son passé est confuse, déformée pour s'accorder à celle de sa vie actuelle qu'il a inventée.
Finalement, qu'il se montre doux ou violent, Nyuuwa sera toujours lui-même, peu apte à gérer ses excès d'humeur et fantaisies. La plus petite contrariété, la moindre brèche s'infiltrant dans son univers créé de toutes pièces, le trouble, lui fait perdre la notion de limite entre la réalité et ce qu'il s'est imaginé. Cette crainte du vrai monde peut le rendre violent envers les personnes qui cherchent à lui ouvrir les yeux : il serait prêt à leur faire regretter par milles tourments d'avoir voulu briser son fantasme ! Le voir ainsi, capable de vous menacer des pires tortures avec un sérieux dont on ne pourrait douter, tout en gardant un sourire de gamin adorable, est sans doute la part la plus effrayante de sa personnalité… mélange de tendresse et de cruauté indissociable.




MÈRE : Elizabeth, Warrington de son nom de jeune fille, 41 ans à l'heure de sa mort. Femme au foyer issue d'une famille bourgeoise, elle n'a jamais eu le besoin de travailler et a consacré sa vie à ses enfants. Suite à un rapport non protégé avec celui qui deviendra son futur mari lors d'une soirée un peu trop arrosée, elle accoucha de Nyuuwa alors qu'elle venait à peine de terminer ses études au lycée et sa jeunesse l'a conduite à faire des erreurs à l'époque, inconsciente du danger qu'elle faisait courir à son enfant en buvant parfois un verre d'alcool lors de soirées avec des amis. Elle se jura de ne plus jamais en boire, ne serait-ce qu'une seule goutte, depuis que les médecins lui ont annoncé la maladie de son fils aîné et elle s'est toujours senti profondément coupable, adoptant un comportement de mère surprotectrice et presque étouffante.

PÈRE : Ame Reiji { れいじ Minuit }, 48 ans à l'heure de sa mort. Il en était à sa dernière année de médecine dans une prestigieuse université de Grande-Bretagne, lors de la naissance précoce de Nyuuwa. Durant les neuf années suivantes, il conserva son poste de chirurgien obtenu à la fin de ses études, tout en essayant de rester disponible à la maison afin d'aider son épouse à élever leur fils. Mais plus l'enfant grandissait, plus les difficultés augmentaient elles aussi, le contraignant à abandonner sa carrière qui ne lui permettait pas d'être assez présent. Il s'est alors décidé à reprendre le flambeau paternel et à devenir le PDG de l'entreprise de produits pharmaceutiques héritée de ses parents, au Japon. Le comportement instable de Nyuuwa lui a toujours causé beaucoup d'inquiétude et d'ennuis, particulièrement après le drame qui a valu à son second fils d'être quasiment défiguré par la faute de son ainé. Depuis cet « accident » il portait un autre regard sur Nyû et cette méfiance presque craintive à son égard n'a jamais disparu jusqu'à la fin…

FRÈRE : Ame Kingyo { きんぎょ Poisson rouge }, 24 ans. Très proche de son frère dans son jeune âge, c'est à 11 ans que sa relation avec Nyuuwa prit une tournure dramatique… pour un simple malentendu qui ne fut jamais compris depuis. D'enfant intelligent qui réussissait en tout, bien mieux que son aîné ralenti dans son développement par la maladie, Kingyo est devenu un adolescent puis un homme abusif, sombre et hautain vis-à-vis de Nyû. De ce jour où il a accusé son frère ainé qui l'a blessé au visage en retour lors d'une crise incontrôlable, l'affection profonde que Kin' éprouvait à son égard s'est muée en haine et il n'a jamais cessé de vouloir se venger sur lui des cicatrices balafrant désormais son visage : c'est lui qui le premier, a forcé Nyuuwa à avoir des rapports sexuels avec lui, sans imaginer les conséquences inattendues que cela aurait sur leur relation…




Juillet 2024
« La Lune chante les Beatles, les étoiles sont heureuses... et la mer est si sucrée que ses icebergs sont des sorbets ! »


Rodrigue - Le jour où je suis devenu fou (Paroles)


- Nyû ?… Nyuuwa, chéri, où es-tu mon bébé ?

Pas de réponse. La grande maison de la famille Ame, située dans un cadre privilégié à l'écart de l'activité urbaine Londonienne, résonna dans son silence.
Pièce après pièce, la jeune maman dut se rendre à l'évidence que son fils aîné, âgé de 4 ans, n'était nulle part en vue. Prise d'une inquiétude légitime, elle alla déposer son fils cadet en sécurité dans son petit lit à barreaux, puis rejoignit son époux dans son bureau, espérant qu'avec un peu de chance, lui saurait où se trouve leur enfant.

- Chéri, tu sais où est Nyuuwa ? Il était dans le salon il y a à peine quelques secondes, pendant que je préparais le goûter des petits à la cuisine, mais je ne le trouve pas…
- Ne t'affole pas, il n'a pas pu aller bien loin.
- Je sais bien ça ! Aide-moi, tu veux ?


Un peu anxieuse, la jeune femme sortit aussitôt de la pièce et repris ses appels avec l'aide son mari. Après cinq bonnes minutes de recherches infructueuses dans l'enceinte de la maison, il ne restait plus qu'une option logique : le jardin… Malheureusement, là non plus, l'enfant restait introuvable. Dorénavant rongée par une véritable panique, la mère ne savait plus où chercher et c'est désespérée qu'elle fouilla une nouvelle fois le terrain de leur propriété, prenant le côté sud tandis que son époux faisait le côté nord. Aucun buisson, aucun recoin ne fut épargné, criant le nom de son fils toutes les dix secondes en guettant le moindre bruit de pleurs, le moindre petit soupirs pouvant trahir sa présence.
Jusqu'à ce que soudain, titubant sur ses petites jambes avec ses bras tendus vers l'avant pour garder l'équilibre, Nyuuwa surgisse du fond du jardin. Elizabeth ne put retenir un cri de soulagement en se précipitant vers lui pour le prendre dans ses bras, au bord des larmes tant elle avait eu peur de ne jamais le retrouver…

- Mon dieu ! Chéri… chéri, il est là vient vite !

Ne réalisant pas l'inquiétude de sa mère, le tout jeune enfant gazouilla dans ses bras en agitant les mains, heureux de tant d'attention alors que son père les rejoignait en courant. Pourtant, c'est avec une expression soucieuse que l'homme s'arrêta près d'eux, s'accroupissant à leur hauteur pour saisir les mains salies de son fils.

- Qu'est-ce que c'est… on dirait du sang ! Où était-il ?! Il est blessé ?! Laisse-moi le voir !
- Du sang ?! Mais non, il…


Coupant la parole à son épouse, Reiji saisit l'enfant à bras le corps, l'auscultant avec minutie pour déterminer d'où pouvait bien provenir ce liquide rouge et poisseux qui maculait les mains de Nyû et avait éclaboussé ses vêtements. Mais le petit riait aux éclats de se sentir manipulé ainsi, vraisemblablement indemne. Rassuré mais le doute subsistant, le père redonna leur enfant à sa femme dans un soupir de soulagement, mais en la questionnant à nouveau…

- Non… il n'a rien apparemment. Dis-moi, d'où est-il venu ?
- De là-bas, derrière le cerisier… Tu nous as fait peur mon bébé, ne refait plus jamais ça, d'accord ? Allez, un bain s'impose mon petit ange… et après tu auras ton goûter.


Peu soucieux de l'attitude attendrie de sa femme qui cajolait le petit en le ramenant vers la maison, Reiji se rendit là où leur fils s'était caché, cherchant une explication… qu'il aurait préféré ignorer une fois qu'il la découvrit : au pied de l'arbre, gisait le petit cadavre d'un chaton, où plutôt ce qu'il en restait. Des touffes de poils blancs ensanglantés près d'une petite pierre, elle aussi couverte de sang. Atterré par cette vision, les scénarios les moins enviables lui vinrent à l'esprit… Son fils avait dû trouver le corps du chaton déjà mort et, inconscient de ses actes, avait sans doute voulu jouer avec… Ou bien… Non. Il préférait ne pas formuler l'autre possibilité. Il recouvra ce qui restait de l'animal avec des feuilles et de la terre afin que son épouse ne tombe pas dessus par hasard, puis revint à son tour vers la maison.

Quelques heures plus tard, au moment du coucher, lorsqu'il borda son fils dans son lit d'enfant, il remarqua une petite trace de griffure sur la joue ronde du petit… Nyû grimaça quand le doigt de son père effleura cette marque, laissant échapper quelques rares mots pour s'exprimer en s'agitant : il commençait à parler depuis plus d'un an déjà, mais l'E.A.F. ralentissait son développement psychologique et il ne s'exprimait pas aussi bien qu'un enfant de son âge l'aurait fait.

- Chhhhaton… toudou… mais pas zentil !

La main de l'enfant frappa ensuite celle de son père comme pour mimer ce qu'il avait dû faire dans le jardin plus tôt, en « punissant » le chaton qui l'avait griffé. Reiji éprouva un vague sentiment de peur. La crainte que son fils ne distingue pas le bien du mal… Il était encore très jeune et ne devait pas se rendre compte de la gravité de ce qu'il avait fait, mais qu'en serait-il plus tard ? Il tenta alors de faire comprendre à Nyuuwa que ce qu'il avait fait était très mal, qu'il ne fallait plus jamais… Jamais recommencer ! La réaction fut aussi immédiate que violente : l'enfant se mit à pleurer, hurlant bien au delà d'une simple crise ou d'un caprice. Dans sa conscience d'enfant, son père venait de détruire ce petit monde parfait où rien n'était mal et où il ne comprenait pas pourquoi il ne fallait pas punir un chat si celui-ci vous griffait… Impossible à calmer tant que sa mère ne vint pas le prendre dans ses bras, elle le berça pendant plus d'une heure avant qu'il ne s'endorme enfin d'épuisement.
Dans le silence retrouvé, Reiji le contempla longuement, inquiet de l'avenir de son fils aîné et déterminé à consulter de nouveau au plus vite des médecins pour tenter de déterminer l'origine de ces crises et comportements anormalement violents…

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Nyuuwa Ame
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MessageSujet: Re: Nyuuwa Ame [Maître]   Mer 30 Mar 2016, 03:49





Janvier 2032
« You're the monkey I got on my back »


Placebo - Drag (Paroles)


Il avait encore du mal, même aujourd'hui, à se rappeler de cette époque faite d'incertitudes et de faux-semblants. Dans leur quartier de banlieue, il n'était pas question d'afficher une quelconque différence. Sa famille, comme les autres, vouait un culte à la normalité. Il suffisait d'observer leur quotidien pendant une seule journée pour comprendre à quel point leur existence était monotone et factice, faite de plaisirs futiles. Leur pelouse parfaite, leur cuisine immaculée, leur maison si semblable à toutes celles de leurs voisins, leur vie étriquée et absurde… Sa mère si protectrice qui ne voyait en lui qu'un enfant malade ne devant surtout pas se mêler aux autres enfants du quartier. Son père si sérieux qui le surveillait sans cesse, à l'affût de son moindre écart comme s'il craignait à chaque seconde qu'il commette un crime abominable. Et son frère… si « normal », si différent de lui. Plus jeune que lui et pourtant tellement meilleur, en toutes choses ! Tellement doué à l'école, tellement vivant, tellement libre de jouer à sa guise avec qui il voulait, sans être dans le collimateur de leurs parents, mais qui pourtant ne cessait de réclamer de l'affection et de traîner dans ses pattes tel un petit poisson narguant le chat du fond de son bocal…

Oui, dans cette petite famille « normale » Nyuuwa se sentait comme un étranger.

À ce moment-là, il ne comprenait pas encore pourquoi il avait le sentiment profond qu'il ne pourrait jamais se fondre dans ce monde aseptisé, mais cette impression s'était douloureusement confirmée par la suite. Ils avaient déménagé au Japon quand Nyû avait neuf ans et Kin', huit. Leur père avait décidé de reprendre l'entreprise familiale de produits pharmaceutiques, située à MS-Town. Puis, quatre ans plus tard, vint leur troisième année scolaire, au collège. Depuis la rentrée, Kingyô s'était inscrit à un cours optionnel de dessin, ouvert à toutes les classes et où il se rendait deux fois par semaine, au lieu de profiter de la pause-déjeuner comme le faisait la très grande majorité des élèves. Nyû ne voyait pas pourquoi son frère perdait son temps et son énergie pour une lubie qui ne faisait clairement pas partie de son 'plan d'études' selon les propres termes de son cadet : quand Nyuuwa lui avait demandé pourquoi, Kin' avait furieusement rougi sans répondre, le laissant dans l'incompréhension.

Un mercredi après-midi d'octobre, après son entraînement de foot pour l'équipe de leur collège, Nyû avait retrouvé son petit frère à la sortie pour qu'ils puissent rentrer ensemble, selon l'exigence de leurs parents… mais à sa grande surprise, il n'était pas seul. Le petit brun irradiait littéralement de bonheur, en compagnie d'un garçon qu'il n'avait jamais vu avant : un Coréen nommé Dae-Hyun. Il avait le même âge que Nyuuwa et Kingyo expliqua qu'il l'avait rencontré à l'atelier de dessin. Malgré les babillages incessants du plus jeune, l'ainé des deux frères n'avait pu se concentrer sur autre chose que sur le visage parfait de Dae : son teint sombre, ses yeux en amande, sa bouche parfaite… Nyuuwa était rentré avec Kin' chez eux, totalement déboussolé. Pour la première fois et sans comprendre pourquoi, il était furieux contre son petit frère.

Dès le lendemain, Nyû s'était inscrit au cours de dessin… Kin' s'était d'abord réjoui que son aîné le rejoigne à l'atelier. Cependant, sa joie fut de très courte durée car Nyû lui adressa à peine la parole pendant les semaines qui suivirent. Sincèrement peiné de l'attitude de son frère qu'il ne comprenait pas, Kingyo tenta à plusieurs reprises d'engager la discussion avec lui mais c'était chaque fois une fin de non-recevoir. Nyuuwa se sentait coupable de se comporter ainsi avec lui mais c'était au-dessus de ses forces : il en voulait à Kingyo pour une raison qu'il ne parvenait pas à déterminer. Ou plutôt, pour une raison qu'il se refusait encore à comprendre.

L'atelier plut aussitôt au jeune fou qui se découvrit un don évident. Lui qui d'habitude se montrait bien peu intéressé par les activités scolaires, se révéla être un élève talentueux. Mais lui qui d'habitude se montrait joueur, téméraire et insousciant, se découvrit également triste, soucieux et colérique. De temps en temps, Nyû osait un regard vers le Coréen, concentré sur ses propres travaux. Il croisa même les yeux sombres, posés sur lui à deux reprises. Ces jours-là, il se sentait curieusement mieux… mais davantage perdu encore. Et finalement, Noël approchant alors qu'il attendait devant la salle de cours, Nyuuwa les aperçut ensemble : Dae-Hyun tenant la main de Kin'. Sa colère se transforma alors en une telle fureur douloureuse qu'il préféra fuir et ne se présenta plus à l'atelier jusqu'aux vacances.

Ryosei, l'un des amis de Kingyo, organisa alors une petite fête pour la nouvelle année, regroupant pas mal d'élèves de leur établissement, toutes classes confondues. Nyû faillit refuser l'invitation, mais en songeant que tous les amis de son frère seraient certainement présents, l'idée qu'il croiserait au moins un instant Dae-Hyun le convainquit finalement d'accepter. Il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu'il voulait se prouver… Mais depuis quelques temps, Kingyo avait changé d'attitude envers lui et Nyuuwa en était très affecté. Son cadet lui en voulait d'être ce fou instable auquel il ne parvenait pas à se lier. Kin' lui en voulait d'être plus intéressé par son ami Coréen que par lui ! Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas avoir un frère aîné normal, un frère qui l'aime et le lui dise, un frère qui ne passerait pas son temps à le fuir comme il l'avait fait ces dernières semaines ?

Néanmoins, cet après-midi-là, c'est Kingyo qui évita soigneusement son grand frère, se concentrant sur le bar fourni du père de Ryosei. Il s'en foutait bien de ne pas avoir l'âge légal pour boire. Il en avait marre d'être le fils sage et sans histoire qui ne faisait jamais de bêtise. Et il fit son affaire à une bouteille de whisky, pensant stupidement qu'il trouverait ainsi les réponses à toutes ses questions… Cependant, il n'avait pas pensé que Nyû le rejoindrait dans le salon, furieux contre lui. D'ailleurs, le jeune fou non plus n'avait pas prévu de succomber à ces émotions l'ayant poussé à rejoindre son cadet… Ce qui suivit, Nyuuwa s'en rappelle à peine aujourd'hui. Il avait mal et sa colère l'emportait sur tout le reste. Qui a commencé à parler ? Qui a commencé à crier ? Qui a commencé à frapper ? Sans doute Kingyo qui reprochait à son frère de le faire souffrir par son attitude incompréhensible, qui refusait de comprendre qu'il était tout simplement jaloux de l'intérêt que Nyû portait à Dae-Hyun, quand bien même aucun des deux concernés ne s'était réellement rapproché, justement parce que Nyuuwa avait refusé de succomber à son premier coup de foudre, pour le bien de son petit frère… C'en fut trop pour Nyû, bouleversé. Lui ne comprenait pas l'agressivité soudaine de Kingyo à son égard alors qu'il avait tout fait pour échapper à la réalité : il éprouvait des sentiments pour un garçon qu'il connaissait à peine mais dont il s'était finalement tenu éloigné, de toutes ses forces, en croyant que Kin' en était amoureux… et maintenant son frère lui reprochait d'avoir pris ses distances ?! Inconscients des conséquences, les deux frères commencèrent à se battre, l'aîné répliquant aux coups de son cadet, pour lui faire aussi mal qu'il le pouvait, aussi mal qu'il en souffrait lui-même et lui faire payer ses accusations injustes !

Ni l'un ni l'autre ne surent comment le combat se termina sur le sol, le visage de Kingyo marqué de plusieurs lacérations causées par le verre brisé de la bouteille de whisky que le jeune fou tenait dans sa main tremblante, à bout de souffle. Les deux frères étaient en larmes et Nyuuwa réalisait à peine ce qu'il venait de faire quand les parents de Ryosei débarquèrent dans la pièce, attirés par tous ces cris. La mère en poussa un elle-même, d'effroi, à la vue du sang sur le visage du plus jeune et de leurs habits à moitié arrachés. Nyû se sentit brutalement arraché du corps de son frère et tiré en arrière par le père de Ryosei qui lui ordonna sèchement de lâcher la bouteille avant d'invectiver son épouse sous le choc pour qu'elle appelle les urgences et les parents des deux adolescents…

Quelques jours plus tard, Nyuuwa était interné au service psychiatrique de la Clinique Kokorogake. Il ne parvenait pas à expliquer son acte par des mots. Un acte d'amour, autant que de colère et de souffrance. Tout s'était passé trop vite et Kingyo… Kingyo décida ce jour-là qu'il haissait son frère du plus profond de son coeur sans avoir conscience que Nyû, lui, l'aimait à la même mesure. Et c'est en vivant dans cette clinique que le jeune fou réalisa enfin ce qu'il ne parvenait pas à appréhender depuis des mois… ce sentiment qui l'asphyxiait à la maison, en présence de Kin'.


Septembre 2038
« Someone tried to do me ache… It's what I'm afraid of. »


Placebo - 36 degrees (Paroles)


Le hurlement provenant de la chambre 17 fit accourir Nita Kagami, l'infirmière en chef du service de la Clinique abritant le patient en crise. Lorsqu'elle entra en trombe, il griffait son visage, suppliant pour qu'on le sorte d'ici. Elle actionna le bouton d'alerte près de la porte. Il allait lui falloir de l'aide pour l'immobiliser. Le bruit de l'alarme fit lever la tête du malade vers elle. Elle croisa ses yeux gris virant sur un violine sanguin tant ils étaient horrifiés.

- Nyuuwa… Calmez-vous. Tout va s'arranger, vous verrez…

Elle avait pris sa voix la plus douce. Mais le regard d'argent glissa derrière elle en direction de la sortie et la lueur de folie qui l'habitait s'accentua considérablement. En un instant il fut sur ses pieds. Il bondit sur elle, la poussa violemment pour avoir accès à la porte et se précipita vers la sortie. Mais il se heurta à un mur. Ou plutôt, il fut bloqué par l'interne le plus massif de l'établissement, Isaac Tigg, un métis américano-japonais que les malades surnommaient entre eux « Tiger » pour sa férocité et sa stature.

- Et où crois-tu aller comme ça ?

L'interne bloqua fermement le jeune homme entre ses grands bras tout en jetant un regard soucieux vers sa supérieure qui se relevait.

- Vous allez bien Kagami-san ?
- Ça va, merci. Il m'a surprise.
- … Lâchez-moi !


Le malade hurlait en essayant de se débattre, mais les bras de « Tiger » étaient pire qu'une camisole. Il voulut le mordre mais l'interne avait prévu le coup et ses dents claquèrent douloureusement dans du vide.

- Quel sale teigne !

Tigg serra encore un peu plus fort le corps amaigri contre lui pour le dissuader de recommencer. Mais on entendit des os craquer et le malade hurla, de douleur cette fois, avant qu'une voix coléreuse ne s'écrie derrière eux pour le faire arrêter… Nyû respirait difficilement à présent et l'interne relâcha un peu la pression de mauvaise grâce. Le nouveau venu, un infirmier, lui arracha Nyuuwa des bras, qui se mit à tousser.

- Qu'est ce qui vous a pris ?! Vous alliez l'étouffer !
- Il a tenté de s'enfuir. Je l'ai calmé comme j'ai pu…
- Vous avez failli le tuer !
- Du calme, Nagoyaka. Le patient était en crise, nous n'avions pas d'autre choix.


L'infirmier voyait la poitrine du dit-patient se soulever avec difficulté et il foudroya du regard sa chef, tenant toujours Nyû dans ses bras dans un étrange élan protecteur. Nita n'aima pas ça. Kaze Nagoyaka était un excellent infirmier mais il s'investissait trop avec ce malade.

- Kaz'… Tu dois me laisser partir… J'suis pas fou, tu sais bien… Les… Mes malades comptent sur moi et…

Nyû venait de chuchoter douloureusement. Le regard brun et inquiet croisa celui, suppliant, du jeune aliéné et il s'adressa à lui d'une voix douce.

- Je suis désolé Nyû… Tes « malades » n'existent pas.

Les yeux gris-violine se remplirent de larmes. Il était épuisé. Pourquoi personne ne le croyait ?! Et Kaz'… Kaze savait lui, il était son ami, son collègue, son amour secret… La réflection de lui-même ! Pourquoi le laissait-il enfermé dans cet hôpital pour cinglés ? Pourquoi faisait-il semblant que tout était normal ? Qu'il était normal de l'interner, lui, un infirmier ?!

- Tu dois me sauver !

Nyû tentait encore, seulement pour toute réponse, l'asiatique caressa ses cheveux lentement et le fou s'appuya plus franchement entre ses bras. Il était si fatigué…

- Il me faut plus de tranquillisants.

Kaze s'adressait à sa supérieure et elle hocha la tête, soucieuse, mais sortit de la pièce. Au même instant une infirmière appela l'interne. Isaac hésita à laisser le jeune infirmier seul avec le patient mais il n'y avait plus rien à craindre… Nagoyaka était le seul à savoir calmer Nyuuwa de cette façon si rapide et indolore. Le malade devrait se tenir tranquille à présent.

- Allez-y. J'ai la situation en main… et je n'ai pas eu besoin de l'étouffer pour ça.

Kaze affichait un rictus méprisant pour le décider et « Tiger » serra les dents. L'arrogance de l'infirmier lui donnait des envies de violence. Il n'aimait pas ce type qui se croyait supérieur à tous. Il n'était qu'un infirmier après tout ! Isaac leva la tête avec dédain et partit à son tour… Kaze soupira puis regarda Nyuuwa, son patient attitré. Il avait encore maigri et semblait de plus en plus fragile au fil des mois. Au tout début de sa venue ici, il y a six ans de cela, Nyû avait eu du mal à l'accepter. À présent c'était le seul infirmier qu'il semblait apprécier. Les autres pensaient que c'était parce que Kaze était le plus jeune du service et ainsi celui qui avait le moins de différence d'âge avec le patient…

- Je suis un infirmier…

Le fou se répétait contre son torse et Kaze plissa les yeux. Il était temps qu'il s'éloigne de ce corps…

- Il faut te reposer, je vais t'amener vers ton lit. Tu veux bien ?

Nyuuwa ne répondit rien mais se laissa guider, avant de s'exclamer soudainement.

- Attend ! Je vais te prouver que j'mens pas ! Kagami-san m'a apprit comment… c'est pas facile mais j'y arrive !

Kaze n'eut pas le temps de l'arrêter : Le fou s'était déjà précipité de sa démarche titubante vers un coin de la pièce pour se saisir d'une seringue et d'un tube destiné à faire une perfusion, pour s'en faire une à lui-même sans la moindre crainte de se blesser, intimement persuadé d'être réellement ce qu'il prétendait être… L'instant d'après Nyû le regardait avec un sourire rayonnant, l'aiguille placée dans son bras commençant déjà à le faire saigner légèrement. L'infirmier frissonna d'effroi sous cette vision et s'approcha de lui.

- T'as vu ?! Tu vois… je sais faire ce que font les infirmiers, c'est bien que j'en suis un !

Le malade s'exclamait, fou de joie, tandis que Nagoyaka baissait les yeux dans la direction de ce bras malmené que Nyû lui exposait avec une fierté exacerbée. Il poussa un petit soupir navré avant de poser une main délicate sur la peau durement percée pour en dégager l'aiguille et y presser une compresse désinfectante.

- Ce n'est rien Nyuuwa… Il n'y a pas de trace, tu vois ? Tu ne sais pas faire de perfusion et-…

Il parlait doucement mais avant même d'avoir terminé sa phrase, il s'attira un regard désespéré qui le mit mal à l'aise, chassant vite cette sensation alors que Nyû se mettait presque à crier, cherchant à lui faire retirer la compresse pour lui prouver qu'il s'était bien piqué le bras à la manière d'un « professionnel ».

- Mais elle est là ! Tu ne la vois pas ?!
- Je suis désolé, il n'y a rien… Il faut que tu comprennes ce que tu es et-…


Kaze secoua la tête tristement, faisant semblant de ne pas entendre le gémissement de désespoir de son vis-à-vis qui venait de l'interrompre à nouveau et sortit de sa poche deux petites gélulles… qui firent aussitôt geindre le jeune fou, désemparé, menaçant de se laisser envahir par une de ces colères qui le rongeaient dès qu'on cherchait à lui faire voir la vérité.

- Encore des médicaments !
- C'est pour ton bien. Tu vas y voir plus clair, après ça.


La voix de l'infirmier se voulait rassurante. Leurs regards s'affrontèrent encore, mais Kaze gagna finalement la bataille. Nyuuwa prit les gélulles et les avala. L'effet fut assez rapide, à peine quelques minutes. Son regard se perdit lentement dans le vague et il tituba alors que Nagoyaka l'aidait à s'allonger sur le lit blanc.

- Tu restes un peu avec moi?

Le patient s'était adressé à lui avec un sourire fragile et Kaz' sentit son cœur se serrer avant de hocher la tête.

- Je vais soigner les griffures que tu t'es faites sur le visage.

L'infirmier s'expliquait en prenant un coton et du désinfectant. Nyû se crispa quand le produit piqua sa peau abîmée mais il ne se plaignit pas. Il aimait quand Kaz' était penché comme ça sur lui. Il voyait ses beaux yeux sombres de très près et pouvait sentir son odeur. Les yeux d'obsidienne se plantèrent dans les siens et Nyû sentit une douce chaleur s'emparer de son corps alors qu'il murmurait, apaisé.

- Je suis désolé… J'ai mis du sang sur ta chemise.
- Ne t'en fais pas, j'ai une bonne lessive.


L'infirmier s'était permis de plaisanter et son patient se permit un sourire. Il était fatigué mais il semblait que son esprit comprenait enfin qu'il venait encore de faire une crise… Nyuuwa soupira. C'était toujours comme ça. Tout avait l'air si réel, mais c'était son cerveau qui disjonctait et les médicaments l'aidaient à y revoir clair de nouveau. Dire qu'il avait cru pouvoir être capable de se perfuser seul ! Il n'osa même pas regarder la pliure de son bras meurtri, pour voir de ses propres yeux à quel point il était fou… Les docteurs disaient qu'il avait une chance de guérir, ses crises étaient de moins en moins rapprochées. Mon dieu, il allait falloir aussi qu'il s'excuse auprès d'Isaac et de l'infirmière ! Il avait envie de dormir mais il savait que s'il le faisait, Kaze partirait. Et il voulait profiter encore de sa présence. Peut-être que l'infirmier ne dirait rien s'il lui caressait les cheveux. Ils avaient l'air si doux…

De son côté, l'observant et lui rendant son regard sans trop s'attacher à la fascination qu'il pouvait lire dans les yeux si envoûtants de son patient, Kaze se fit la réflexion que si ses crises étaient moins fréquentes, elles n'en étaient que plus violentes. Et Nyuuwa se montrait chaque jour plus difficile à convaincre de la réalité de sa folie. Arriverait bientôt le jour, où plus rien ne pourrait lui faire entendre raison… Et lorsque ce temps viendra, il devra trouver autre chose que la manière douce s'il voulait parvenir à lui rendre son humanité sensée.

Sortant de ses réflexions, il fit alors un sourire rassurant au jeune malade qui commençait à somnoler, rattrapé par sa fatigue, avant de s'éloigner et de tourner les talons. Il sentit néanmoins peser sur lui son regard d'argent jusqu'à ce qu'il ferme la porte derrière lui.


Août 2039
« Fall into you is all I seem to do… »


Placebo - Because I want you (Paroles)


Nyuuwa se retira du corps moite et pâle allongé sous lui et roula sur le lit sans un mot. Son cœur martelait encore sa poitrine et il avait du mal à se remettre de l'orgasme qu'il venait d'avoir. Il sentit le matelas bouger à côté et supposa avec justesse que l'appolon brun était en train de se lever. Il préféra ne pas le regarder… La projection des rayons de lune sur sa peau luisante l'aurait aveuglé à tous les coups.

- Bordel Nyû… T'étais obligé d'y aller comme un sauvage ?!

Grimaçant, Kingyo examinait ses hanches où la marque des ongles de son aîné s'était imprimée jusqu'au sang. Nyû ouvrit les yeux à sa réplique hargneuse, mais ne répondit rien. Il y avait juste un sourire narquois sur ses lèvres et il songea, avec un sentiment de dégoût mêlé de fascination, qu'il y avait aussi celle de ses dents sur la nuque du brun… Le jeune homme râlait des traces qui marquaient son corps mais ne semblait pourtant pas du tout perturbé par le fait de se tenir aussi nu qu'Adam devant l'homme qu'il détestait par dessus tout. Devant l'homme qui était devenu son « partenaire de baise » plus ou moins régulier : son frère aîné.

Au début, six mois plus tôt, Kin' s'habillait rapidement une fois leur petite affaire terminée et Nyû lui-même s'arrangeait pour en faire autant, quand il ne s'enroulait pas simplement dans les draps… Ils ne prenaient plus cette peine à présent. Mais au début, Kin' considérait aussi qu'il violait son frère. Il avait pourtant dû se rendre à l'évidence, avec désarroi, que Nyuuwa n'avait pas réellement lutté et s'était rapidement plié à ses désirs… comme s'il avait attendu ça depuis longtemps. Et tout aussi rapidement, ce qui devait être violence forcée était devenu violence consentie. Kingyo en avait été profondément ébranlé, bien plus que sa « victime » d'ailleurs. Au point qu'il avait malgré tout persisté dans ces rapports incestueux où il cherchait plus que tout à garder une emprise sur Nyû, mélangeant le sexe avec une histoire de domination…

Cela n'empêcha pas l'aîné de finalement détailler sans vergogne ce corps impudique. Il était plus que beau. Il était torride. Et il semblait au jeune fou qu'après l'amour —la baise, Nyû ! Juste de la baise, rappelle toi !— il était encore différent. Surtout l'expression de son visage en fait. Sur les pommettes de Kin', juste en dessous des yeux, apparaissaient deux points roses, comme si le jeune homme sortait d'une fièvre aussi violente qu'inattendue. Des gouttes de sueur faisaient briller ses tempes et plaquaient contre sa peau les fins cheveux d'ébène qui se trouvaient là. Ses lèvres étaient gonflées et abîmées à force d'avoir été mordues par leur propriétaire, Kingyo mettant un point d'honneur à ne jamais crier lorsqu'il se libérait.

Mais ce qui fascinait le plus Nyû, c'était le regard vert-de-gris brillant au dessus d'elles. Car si tout le corps de son frère disait qu'il venait de prendre son pied, de la pointe de ses cheveux hérissés à ses jambes encore un peu tremblantes… Son regard, lui, le hurlait ! N'importe qui pouvait le comprendre en croisant les yeux aux pupilles dilatées : il avait le regard d'un chat venant de bouffer son pot de crème ou d'un camé parti dans son plus beau trip.

Ça faisait un drôle d'effet dans l'estomac de Nyuuwa, de savoir que n'importe qui croisant Kingyo d'ici les vingt prochaines minutes, allait se dire en le voyant que le brun venait sûrement de faire l'amour. D'imaginer les passants dans la rue le regarder, le trouver beau et avoir envie de lui, qu'importe leur orientation sexuelle, qu'importe les cicatrices sur son visage, juste parce que son regard exprimait cette espèce de promesse d'un plaisir farouche et absolu. À croire que le monde entier devait être au courant quand Kin' prenait son pied !… Nyû se disait parfois qu'il exagérait, qu'il était le seul à voir cette lueur dans le regard si froid de son cadet et qu'il s'imaginait que tout le monde la voyait parce que lui-même ne pensait qu'à ça. Mais c'était plus fort que lui… Comment ne pouvait-on pas avoir envie de ce type qui en cet instant se trimballait nu, sans pudeur, au milieu de la chambre du patient d'un service psychiatrique ? Comment ne pas laisser ses yeux glisser sur son dos nerveux et s'arrêter sur ses reins affreusement attirants ? Et surtout comment arriver à ne pas se lever et aller le rejoindre ? L'aîné détourna les yeux pour de bon et se leva à son tour pour se mettre à la recherche de ses vêtements éparpillés. Kinkyo allait bientôt partir, ne restant jamais dormir avec lui… Et le jeune brun poursuivit finalement sur un ton moqueur.

- Paraît que ta psy a refusé de t'voir l'autre jour. Elle est donc moins stupide qu'elle en a l'air. C'est pour ça que t'étais aussi déchaîné ? T'as du mal à encaisser son rejet ?
- Boucle-là.


Le jeune fou venait de gronder sur un ton sec en renfilant son caleçon. Il s'en voulait un peu d'avoir été aussi brusque ce soir… Pas que d'habitude il y ait de la tendresse entre eux. Ils couchaient ensemble, point final. Mais Nyû faisait plus attention, en général. C'était Kingyo qui n'y allait pas avec des pincettes.

- Alors ? Tu vas te rabattre sur qui ?

Cette fois il n'y avait plus de trace d'amusement dans la voix du brun et Nyuuwa arrêta de chercher où avait bien pu atterrir son pantalon, pour se redresser et fixer son frère.

- Pourquoi cette question ? Depuis quand tu t'intéresses à mes fréquentations ?

Il vit les muscles du dos de Kin' se contracter et trouva ça d'une sensualité exaspérante. Le cadet eut un grognement agacé et Nyuuwa put aisément l'imaginer lever les yeux au ciel avant de le voir attraper brusquement sa chemise par terre.

- Je faisais juste la conversation Nyû !… Il est tard, je me tire d'ici.

Il se retourna, fixa Nyuuwa sans le voir en commençant à enfiler son haut et l'aîné afficha un sourire doux-amer, regardant le ventre plat disparaître sous le tissu.

- On remet ça quand ?
- … Tes potes médecins vont se douter de quelque chose à force.
- Pas tant qu'tu fermes ton clapet.


Le ton menaçant venait de crisser entre les dents de Nyû, assorti à son regard acéré et Kin' eut un petit rire tout en enfilant son boxer noir.

- Comme si j'allais crier sur les toits que je m'enfile mon taré d'frangin.
- Comme si j'étais le seul à écarter les cuisses.


En entendant le ton narquois de cette réplique directe, Kingyo balaya ses insinuations d'un geste agacé de la main, mais Nyû le connaissait assez pour voir qu'il était gêné. Un discret sourire infantile et victorieux découpa son visage d'ange comme sous la lame d'un scalpel alors qu'il enfonçait le clou sur un ton ironique

- Et bien quoi, p'tit frère ? Tu fais moins ta mijaurée quand j'te prends jusqu'à la garde.

Il savait que le brun avait un problème avec le fait d'être dessus ou pas, quand ils couchaient ensemble. Ce qui pouvait être assez jouissif de le voir rendre finalement les armes. Nyû ne se posait pas autant de questions. Tant qu'il y avait Kin' et du sexe, ça lui allait. Seulement le plus jeune siffla entre ses dents, menaçant à son tour et dorénavant entièrement vêtu.

- Arrête ça ! Je sais pas pour qui tu t'prends, mais j'aurais aucun mal à mettre fin à nos… petits tête-à-tête.
- … Pareil pour moi. Mais si t'as plus envie d'le faire, j'te retiens pas…
- Pas besoin d'me le dire.


Le brun répondit d'un ton sec et glacial en quittant, sans un au revoir, la chambre aseptisée qui venait d'abriter leurs ébats incestueux… Il était parti, laissant comme seuls souvenirs derrière lui une vague odeur sulfureuse. Ce qui était gérable. Et l'envie à Nyû de lui courir après. Ce qui lui tordit l'estomac et le cœur à l'unisson dans une souffrance plaintive.


Mai 2044
« Baby… Did you forget to take your meds ? »


Placebo - Meds (Live - Paroles)


- Vous avez eu une nouvelle crise aujourd'hui.
- Oui…


Nyuuwa était assis dans le fauteuil moelleux d'un énième psychologue. Il aurait bien aimé essayer le divan, pour faire comme dans les films, mais le docteur Hirato ne le lui avait pas proposé.

- Avez vous une idée du pourquoi de cette rechute ?
- Non… désolé.
- Vous n'avez pas à vous excuser, Ame-kun. Je ne vous reproche rien.


Hirato eut un léger sourire et cessa un instant de griffonner sur son papier pour le regarder dans les yeux. Nyû hocha la tête. Il avait l'esprit incroyablement lucide à présent… Les infirmières lui avaient donné la double dose d'antipsychotiques pour parvenir à le calmer, une dose simple n'étant plus suffisante depuis bien longtemps déjà, lorsqu'il entrait en crise.

- Ça arrive chaque fois quand je m'y attends le moins… Je sais bien pourtant que j'suis malade. Mais quand ça arrive… j'me prends pour ce que j'suis pas et je crois que j'suis ici par erreur. Je ne pense qu'à sortir pour… pour vivre ma vie comme je l'entends. C'est ridicule, je l'sais.
- Pas tant que ça… Quel garçon ne rêve pas d'avoir une vie, ordinaire ou extraordinaire, mais sa vie avant tout ?
- J'ai vingt-quatre ans, docteur… J'ai passé l'âge de rêver.


Nyuuwa eut un faible sourire désabusé.

- Il n'y a pas d'âge pour ça… Tenez, moi j'ai toujours voulu savoir voler, encore aujourd'hui et j'ai le double de votre âge ! Écoutez, vous êtes un garçon formidable. Vous pouvez guérir, si vous le voulez vraiment… J'ai vu des personnes plus atteintes que vous s'en sortir parfaitement.
- Je sais, on me l'a déjà dit. C'est juste que sur le coup, ça a l'air si… réel.
- C'est là tout le problème des hallucinations.


L'homme soupira et Nyuuwa hocha la tête. Il savait tout ça. Ils avaient tout le temps cette conversation, les psychologues, les infirmiers et lui, lorsqu'il était assez sensé pour ne pas se braquer…

Quinze jours auparavant, par contre, il était resté sourd à tous les mots que son infirmier attitré avait pu lui dire pour le raisonner et il ne gardait que très peu de souvenirs de leur entrevue. Il n'avait plus que ces deux balafres sanguinolentes lui déchirant le dos, pour retranscrire toute la violence de la folie qui l'avait pris ce jour-là, quand Kaze Nagoyaka était venu dans sa chambre pour lui parler d'un « sujet grave »…

— * —


Tremblant, et son dos frissonnant d'une douleur sourde sous sa chemise déchirée et rougie, Nyuuwa pointait son scalpel ensanglanté sur Nagoyaka, le regard farouche brillant de folie pure en lui jurant qu'il l'aimait mais qu'il crierait au viol s'il s'approchait encore de lui, refusant de reconnaître ses propres actes. Deux profondes entailles auto-infligées saignaient cruellement ses omoplates et tout portait à croire qu'il y aurait pu y en avoir d'autres à venir si l'infirmier cherchait encore à vouloir lui imposer une réalité que le malade réfutait de toute son âme torturée…

Kaze, lui, dévisageait le jeune homme déchaîné, cherchant vainement une réplique cinglante à lui envoyer mais n’en trouvant aucune pour exprimer sa surprise face aux sentiments avoués et l'injustice outragée qu'il ressentait à se voir accusé d'un crime qu'il n'aurait jamais commis envers son patient. L'infirmier éprouvait la colère qui enflait en lui se mêler à un effarement sans nom… Ce n'était pas la première fois que Nyuuwa se blessait lui-même, mais avant ce jour il n'avait jamais accusé un autre de lui avoir infligé de telles blessures et il craignait de comprendre la raison de ce changement de comportement brutal de la part de son malade : Nyuuwa préfèrait s'enfoncer dans sa folie plutôt que d'admettre la vérité en avouant les crimes qu'il venait de commettre. L'infirmier n'avait aucune preuve directe pour démontrer qu'il s'agissait d'un double homicide, évidemment, mais le comportement de son patient lui avait fait entrevoir que la mort d'Elizabeth et Reiji Ame n'avait rien d'un accident… Et il craignait d'être en partie la cause ayant poussé Nyû a tuer ses propres parents : il était devenu trop proche de lui au fil des ans.

Le couple avait envisagé de déménager, de quitter le Japon pour démarrer une nouvelle vie, pour offrir ce qu'il y avait de mieux à leur fils malade et lui trouver un meilleur établissement psychiatrique susceptible de le guérir… Mais Nyuuwa s'y était farouchement opposé. Il refusait catégoriquement de changer d'environnement, littéralement paniqué à l'idée de quitter la présence rassurante de Kaze et d'abandonner cette clinique, cette ville dans laquelle sa folie avait pris de l'ampleur et où il avait construit tous ses repères. Seulement… un fou n'a pas son mot à dire quand il est encore à la charge de ses parents, même s'il est majeur. Il ne pouvait décider de son propre sort que s'il s'émancipait. Et l'infirmier était persuadé que Nyû avait opté pour l'option la plus facile pour lui, celle que sa folie aurait pu dicter au delà de la raison comme il le faisait dès que quelque chose ne lui convenait pas, dès que quelqu'un égratignait sa réalité trop fragile : il l'éliminait. Qu'importe les sentiments ou l'attachement.

Tout comme il était également en train de le faire à cet instant, en repoussant violemment l'infirmier… La folie est contradictoire, elle a sa propre logique. Nyû avait commis un crime impardonnable pour ne pas le quitter et pourtant maintenant, il rejettait Kaze de toutes ses forces parce que ce dernier l'accusait d'avoir tué pour lui, rejettant dans le même temps sa culpabilité. Et malgré cette lueur insane qui faisait flamber son regard, le jeune fou en face de lui avait l'air d'un ange à qui ont viendrait d'arracher les ailes… Kaze n'aurait pu trouver le moindre défaut physique marquant à lui imputer. Mais cela n'excusait rien et il cherchait vainement un élément dans sa personne qui lui aurait permis d'affirmer sans doute qu'il avait un meurtrier en face de lui…

Ses cheveux semblaient doux et soyeux et on avait qu’une envie, passer la main dedans, juste pour les ébouriffer et énerver leur propriétaire. Sa peau blanche lui donnait une apparence de fragilité, mais lorsqu’on plongeait son regard dans ces yeux durs et froids, on savait alors que c’était juste une apparence… Nyuuwa était dangereux.

Ses yeux étaient d'un gris presque argenté sous les néons des couloirs aspeptisés de la clinique et quelques fois, Kaze avait pu s’apercevoir que leur couleur semblait changer lors de ses crises et qu'ils s’assombrissaient sous l'ombre de ses sourcils froncés. Ils se paraient alors d'une couleur acier teintée de violine, leur donnant une expression dure et presque malsaine… Et lorsqu’ils prenaient cette teinte métallique, Kaze ne pouvait empêcher son corps de trembler. De haine ? De désir ?… Non, de haine !

Oui, Nyuuwa était dangereux. Et à sa plus grande honte, Kaze ne pouvait s’empêcher de se noyer dans ces yeux-là, jour après jour. Malgré la haine qu’il y lisait dorénavant, il ne pouvait que s’y noyer. Mais la seule chose qui le faisait remonter à la surface, c’était lorsque son regard glissait plus bas sur le visage de l'aliéné. Sur ses lèvres… Oui, à ce moment là il remontait à la surface pour une dernière goulée d’air avant de plonger dans un océan de trouble et de désir… Non, juste de trouble !

Voilà. L'infirmier était troublé, certes, mais c’était tout. Même si quelque part son cœur lui disait qu’il y avait plus, beaucoup plus que du trouble, Kaze n’écoutait pas, il ne voulait surtout pas écouter. Pourtant la nuit, il rêvait d’un regard gris brûlant de désir et de lèvres qui laissaient échapper des râles de plaisir. D’un corps pâle et nu, en sueur, dans lequel il s’enfonçait. Un corps dans lequel il succombait et auprès duquel il se sentait enfin entier. Mais lorsqu’il se réveillait, il ne cherchait pas à s'en rappeler car au fond de lui, il savait qu’il ne voulait pas se souvenir. Il savait que cet adorable fou ne serait jamais rien d'autre que son patient… Il ne toucherait pas Nyuuwa. Il ne se le permettrait pas. Et si ce garçon en venait à le détester pour ça, cela n'en serait que plus facile pour lui de s'en tenir à ces résolutions.

La seule chose que Kaze voulait concéder, c’était que Nyû ressemblait à un ange. Malgré tout ce qu'il savait de lui et de ses péchés mortels. Car cette fois encore, il avait vu ce petit sourire tendre et satisfait s’étirer sur les lèvres si… Envoûtantes ? Aguicheuses ? Hypnotisantes ?

Kaze secoua la tête pour chasser une image beaucoup trop obsédante de son esprit et quitta la pièce afin de ne plus contempler cet ange aux mains rougies de sang… Au regard fou qui reflétait encore les flammes ayant consummé la demeure des Ame et réduit ses parents à l'état de cadavres calcinés. Il en avait assez vu, assez entendu… De par sa folie, ce garçon n'était pas légalement responsable, il ne serait pas condamné. Kaze ne voulait alors plus connaître les raisons d'un tel crime qu'il ne pouvait de toute façon pas prouver. Il ne chercherait plus à ramener la raison dans cet esprit dérangé pour lui faire prendre conscience de la gravité de ses actes.

Il avait épuisé toutes ses ressources dans cette quête vaine depuis douze ans, par affection… amour… désir… haine pour ce jeune fou, mais il n'en pouvait plus. Avec ce scalpel, Nyuuwa venait inconsciemment de trancher le lien qui les unissait et Kaze se disait que c'était peut-être là l'occasion d'en finir avec ses fantasmes à jamais insatisfaits…


— * —


Cela faisait quinze jours que Kaze Nagoyaka avait posé un congé sans solde, accusé par Nyû de l'avoir brutalisé et d'avoir abusé de lui. Bien que persuadé de son innocence mais plutôt que de risquer des plaintes publiques nocives pour l'image de la clinique et pour le bien du patient, le directeur de l'établissement avait préféré congédier l'infirmier pour un temps, jusqu'à ce que l'affaire soit étouffée et que le fou soit revenu à de meilleurs sentiments. Et le psychologue de ce dernier se dit qu'il était temps de tâter le terrain pour savoir si ce moment était arrivé… Il reprit alors plus doucement.

- Kaze Nagoyaka… l'infirmier qui s'occupait de vous, est venu me voir tout à l'heure.

Le jeune homme sentit son estomac se contracter à la mention de ce nom. Dieu, ce qu'il lui manquait ! Nyuuwa s'en voulut atrocement à cet instant… mais pour combien de temps ? Jusqu'à ce que sa folie reprenne le dessus sans doute. Il murmura dans un souffle.

- Que… voulait-il ?
- Il s'inquiète sincèrement pour vous. Il vous suit depuis votre arrivée et je crois que vous l'appréciez bien vous aussi… Malgré ce qu'il s'est passé.


Mal à l'aise, le jeune homme hocha néanmoins vigoureusement la tête.

- Cependant, il m'a raconté ce que vous lui avez dit durant… votre crise. Est-ce vrai que vous l'aimez… d'amour ?
- Quoi ?!… Il n'avait pas le droit de dire ça !
- Au contraire, il le devait. C'est un bon infirmier et il tient à son boulot. Il sait qu'il devra demander à s'occuper d'un autre patient si vous pensez toujours être amoureux de lui.


Le jeune homme se sentit blêmir à cette idée. Kaze ne pouvait pas le laisser ! Il était le seul à le comprendre ici, il avait tout fait pour ne pas le quitter ! Même l'innommable…

- Je… me suis trompé. Je l'aime bien en tant qu'infirmier, mais ce n'est pas de l'amour. Et puis c'est un homme.

Sa voix était faible et il crut que le docteur allait l'interroger un peu plus à ce sujet mais l'homme ne le fit pas. Apparemment, son psy pensait que le fait qu'ils soient deux hommes était un argument suffisant et Nyû avait compté là-dessus, même si lui-même n'avait aucun préjugé à ce sujet : homme ou femme, quelle importance. Enfin… comme si l'homosexualité n'existait pas entre les murs de la clinique ! Peut-être que le Docteur Hirato devrait sortir un peu plus de son joli bureau et se promener dans les couloirs. La nuit, après le couvre feu, on entendait de drôles de bruits. Mais le jeune fou ne le lui suggéra pas…

Pour les besoins physiques, il avait Kingyo qui le satisfaisait amplement. Une attraction instinctive, physique et bestiale, entre haine et amour. Cela n'avait rien à voir avec les sentiments si atrocement doux et cet attachement maladif qu'il éprouvait envers Kaze, comme un chaton attaché à son maître, à celui qui prenait soin de lui… Du moins il le croyait. Mais de toute façon, tant que cet homme revenait et restait son infirmier ça lui allait. Il ne le souillerait pas de cette luxure qui l'habitait. Il l'aimerait en silence, voilà tout.

Et puis Kaze devait avoir une fiancée… Une jolie et pas à moitié folle. Une qui vivait à l'extérieur.

Même si Nyû arrivait à contrôler ses crises et à sortir de là, il ne serait que « l'ancien patient » de cet infirmier. Il le verrait beaucoup moins, voir carrément jamais. Alors peut-être qu'il devrait continuer à avoir des hallucinations de temps en temps, juste pour l'avoir contre lui et profiter du réconfort de ses bras ? Nyuuwa se permit un sourire profondément empreint d'une douceur triste à cette idée saugrenue, ils avaient tous raison : il était vraiment fou.


Décembre 2045
« Want you so bad I can taste it but you're nowhere to be found »


Placebo - Exit wounds (Paroles)


Nyuuwa sentit les doigts de son amant s'enlacer aux siens sur sa hanche. Il les serra fort sans cesser d'aller et venir dans le corps offert. Il ferma les paupières. Elles étaient pleines de larmes, heureusement qu'Il ne pouvait le voir... Il l'avait quitté, comme Kaze. Nyû l'avait vu dans les yeux vert-de-gris quand il avait voulu lui faire comprendre la vérité. C'était la dernière fois, n'est-ce pas ? Il y a combien de temps déjà ?… Les semaines, les mois, les jours… On s'en tape au fond ! Ça faisait trop longtemps, c'est tout ce qu'il savait. Ça faisait trop longtemps et il ne le supportait plus. Il était seul, perdait de plus en plus les pédales… et ce malheureux corps qu'il malmenait en payait les frais.

C'était pour ça que Nyû avait voulu être dessus. Quand Il le prenait, le jeune fou avait de plus en plus de mal à retenir des mots d'amour. C'était idiot. Parfaitement stupide. Seulement, quand Nyuuwa le voyait bouger au dessus de lui, il se sentait comme s'il avait le droit d'être à l'abandon. Comme s'il n'écartait pas seulement les cuisses à ce moment-là, mais aussi toutes les chaînes qu'il s'était lui-même imposées, pour ne laisser la place qu'à Lui. Planant au dessus de lui. S'appropriant son corps avec de plus en plus de virtuosité au fil du temps.

C'était devenu difficile de ne pas crier qu'il voulait que ça ne s'arrête jamais. De ne pas lui dire encore qu'il le trouvait beau quand il le voyait si déboussolé par son propre plaisir. De ne pas lui murmurer qu'il l'aimait lorsqu'il lui faisait l'amour doucement, tranquillement, comme s'ils avaient la vie devant eux, comme s'ils avaient le droit de faire ça, comme si Il était important pour lui.

C'était devenu difficile de ne pas crier qu'il le haïssait dès que ça se terminait, dès que leurs corps retrouvaient leurs individualités, dès qu'Il l'injuriait ou reniait leur proximité de nouveau… comme au premier jour. Et il y avait dorénavant ce manque, ce vide, ce besoin en lui… Alors depuis qu'Il était parti, Nyuuwa dominait. Parce que c'était plus facile. Parce qu'il était « celui qui prenait » et non plus « celui qui donnait ». La sensation d'abandon n'était pas aussi forte. Ainsi, il dominait l'acte et ses propres sentiments.

Mais ce soir… ce soir, il avait l'impression d'être celui qui était en train de se faire prendre contre le mur de cette petite salle de consultation, juste derrière le bureau de son nouveau psy… Cette pauvre petite chose à qui ils n'auraient jamais dû confier le cas « Ame » car il n'avait absolument pas les compétences requises pour tenir tête à un tel patient. Le petit nouveau à peine rôdé avait bien trop vite cédé à l'approche doucereuse de l'aliéné, bien trop vite capitulé face à sa logique qui n'acceptait aucun décorticage, aucune analyse ni controverse.

Pourtant, si celui ayant de quoi geindre et pleurer était le psychologue écrasé contre le mur sous les assauts répétés de son patient, celui qui en réalité n'arrivait pas à retenir ses larmes, ni ses gémissements… était Nyû. Il se sentait abandonné. Reparler de son frère avec ce psy de pacotille avait ravivé sa douleur et sa peine. Il avait mérité d'être puni !

- … Nh… Plus vite !

Et voilà que, loin de crier au viol, ce presque inconnu l'implorait en se laissant prendre au jeu du plaisir, faute de pouvoir échapper à cette « punition » qui finalement ne lui déplaisait pas tant que ça… Un inconnu sans visage sur lequel l'esprit du jeune fou transposait celui de « sa moitié » qui l'avait quitté. Nyû ouvrit les yeux, bercé par son illusion et ralentit le rythme. Celui qu'il rêvait être Kingyo l'insulta. La main dans la sienne le serra si fort qu'elle lui fit mal. Le ton ferme mais doucereux, un sourire tendre mais amer ornait les lèvres du malade.

- Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi. On va y aller doucement, Kin'…
- … Kin ??… Ce n'est pas mon… ngh… bon sang !


Sa « victime » l'injuria de nouveau et essaya de bouger les hanches à sa rencontre, mais Nyû le maintenait trop bien en place pour que ce soit d'une quelconque utilité. Il vit alors son dos se tendre, nerveux. Apparemment, Monsieur aurait préféré un coup rapide ce soir. Seulement, perdu dans son fantasme où il ne distinguait plus le réel de l'illusion, le jeune fou voulait que cet homme le sente longuement et lentement en lui. Qu'il comprenne ce que ça faisait quand Lui faisait la même chose. Il voulait que son « frère » —enfin ce type, contraint et forcé de jouer le rôle de substitut— ait l'impression de l'avoir encore en lui, même plusieurs heures plus tard… Comme c'était si souvent arrivé à Nyû par le passé. Il posa sa main libre sur celle de l'homme et la caressa doucement, se servant de lui comme d'un appui contre le mur. Le corps de son amant trembla. Il était tellement sensible à la douceur ! Nyû l'encouragea dans un murmure.

- Allez… Suis mon rythme…
- Je n'ai aucun ordre à recevoir de… v-vous… mh… !


Son fantasme répondit comme s'il était en train de serrer les dents. En tout cas, il serrait ailleurs et c'était douloureux. Le vouvoiement était une vaine tentative de rétablir une distance entre lui et son patient, mais ce dernier n'y porta aucune attention, chuchotant contre l'oreille de son psy en essayant de garder son calme.

- Ce n'était pas un ordre.

Sa tête comme son corps étaient en ébullition. Nyuwwa ne voyait rien d'autre, ne sentait rien d'autre que Lui. Doucement il lécha la nuque moite de l'homme. Tout en faisant glisser sa main sur son bras tendu, il la promena ensuite bien à plat sur l'épaule musclée avant de descendre jusqu'à son ventre frissonnant. Il le sentit se détendre sous sa caresse. Et quand il posa sa main sur l'organe à la fois le plus faible et le plus fort de cet homme, il sut qu'il avait gagné. Maigre victoire, sachant qu'après ça, quand son illusion aurait foutu le camp, il aurait une nouvelle fois perdu tout ce qui comptait pour lui…

Il ne se trompait pas.

Une heure plus tard, il fixait le corps fourbu de son psy qui lui annonçait d'une voix cassée et nerveuse que c'était « fini ». Que jamais plus ça ne se reproduirait et que dès la prochaine séance, il serait pris en charge par un autre psychologue.

C'est ce qu'ils disaient tous. Lâcheurs… TOUS ! Ils ne valaient pas mieux les uns que les autres !

Un fin sourire blessé naquit sur les lèvres du fou tandis qu'il réajustait sa tenue débraillée par leur étreinte, sans que l'homme n'en comprenne le sens : tendre cruauté que voilà. Tous, ils l'abandonnaient.

Il était seul.
Tout seul.
Trop seul.

Il n'avait pas besoin de psy, pas besoin de médicaments, pas besoin de prise de sang, pas besoin… Pas besoin… PAS BESOIN D'EUX !

Kingyo l'avait quitté tout en lui jurant de le tuer s'ils se revoyaient et Nyû avait presque hâte que ce jour arrive… Oh oui ! Le fou qu'il était ne craignait pas la mort, si c'était Lui qui la lui offrait. Et puis, à défaut de mourir pour de vrai… il attendait même la « petite mort » avec impatience ! Parce que la vie à l'hôpital était ennuyeuse à en crever et qu'être infirmier c'était bien, mais qu'il existait quand même mieux pour s'extasier dans la vie…

D'ici à ce que Kin' cesse de le fuir et qu'il le retrouve, d'ici à ce qu'Il cesse de jouer au chat et à la souris avec lui, il allait se trouver de petites choses à garder rien que pour lui. De petites créatures à « adopter » qui ne l'abandonneraient pas et avec lesquelles il pourra s'amuser. Il en avait vus des comme ça en ville, des choses à vendre avec leurs petites oreilles toutes douces et leurs queues soyeuses. Vous savez, ces choses qui ressemblent à des humains déguisés en animaux, mais qui sont bien plus que ça en réalité ?

Prêt à quitter la petite salle pour retourner vaquer à ses occupations d'infirmier factice, Nyuuwa se mit à sourire, à mi-chemin entre l'enfant rêvant innocemment de sucre d'orge et l'adulte fantasmant avec perfidie sur l'idée alléchante d'avoir un ou deux jouets grandeur nature pour soigner sa solitude et le trou béant de son cœur… Le psychologue, à peine remis de leur séance dont il tairait le secret par honte, éprouva un curieux frisson d'appréhension à cette vision paradoxale de la folie douce du jeune homme. Son patient ne l'avait pas réellement blessé, physiquement parlant… Il avait conscience que s'il n'avait pas cédé au désir et qu'il avait réellement voulu repousser Nyû, il aurait sans doute pu y parvenir. Le jeune fou restait plutôt frêle au fond et sa force de persuasion était bien plus forte que sa force physique. Mais c'était bien ça qui le rendait redoutable, quand sa folie l'emportait sur sa lucidité ! Et de nouveau assis sur son fauteuil avec un soupir grimaçant, l'homme griffonna quelques notes en bas du dossier de son « futur ex-patient » d'une main tremblante d'épuisement…

Nom du patient : Nyuuwa Ame
Sortie prévue le : 4 Décembre 2045.
Autorisation :
『  』 Acceptée — 『』 Refusée

En cas de refus, sortie reportée au : 14 Décembre 2045
Raison : Réviser à la hausse les dosages du traitement prescrit avant la sortie.
Commentaire : À ce jour, signes persistants de crise avec déni de la réalité et possibles hallucinations. Violence minime mais comportements passif-agressifs. Sujet encore instable.

Dr. Shin Yasawa


© Me


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Nyuuwa Ame
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MessageSujet: Re: Nyuuwa Ame [Maître]   Mer 13 Avr 2016, 14:07

Bonjour,
Juste un petit mot pour prévenir que ma fiche est enfin terminée °^°

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MessageSujet: Re: Nyuuwa Ame [Maître]   Jeu 14 Avr 2016, 08:42


Bonjour, ravi de pouvoir enfin te lire ^^

Tout est correct et la fiche de ton fou est agréable à lire, je peux donc la valider !
Je t'invite à prendre connaissance des petites annonces afin que tu puisses trouver ton bonheur, même s'il me semble que c'est déjà fait, et je t'invite également à faire ta fiche parcours.

Ton appartement se situe au N°7 des résidences Bloody.

Je te souhaite un bon jeu parmi nous !
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MessageSujet: Re: Nyuuwa Ame [Maître]   Aujourd'hui à 13:33

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Nyuuwa Ame [Maître]
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