2045. MS-Town. Maître/sses, Esclaves, Hybrides ou simples Résident/es. Qui serez-vous?
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Akihiko Katô [Maître]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Akihiko Katô
Maître
Maître


Date d'inscription : 06/02/2012
Messages : 34
Age : 28
Orientation sexuelle : Bisexuel Ambivalent
Caractère : Mixte
Métiers : Sujet de test / Cobaye
Complément Métier : Clinique
Maitre de : Usagi Makoto, dit Lapin.
Esclave/Pet de : Ses doses, en tout genre.

MessageSujet: Akihiko Katô [Maître]   Lun 06 Fév 2012, 17:31




Feat Source - Artiste Pixiv Id 693066

    •••Carte d'Identité

Nom ~> Katô
Prénom ~> Akihiko
Surnom ~> Kako, MD, Trash.
Âge ~> 24 piges.
Nationalité ~> Franco-Japonais.
Niveau Social ~> Modeste.
Métier ~>
Sujet de test à la clinique Kokorogake. Cobaye, rat de labo. Appelez ça comme vous voulez. Il passe aussi de petit job en petit job pour arrondir les fins de mois. Rien de bien sérieux, et surtout, pas grand chose d'intéressant.
Orientation Sexuelle ~>
Bisexuel ambivalent. N’importe où, n’importe quand, n’importe comment, avec n’importe qui. Tant qu’il y a du sexe, ça lui convient. D’autant plus qu’il ne se rappellera probablement pas de votre tête le lendemain.


    •••Présentation

Physique
Plus jeune, Akihiko a toujours été un garçon normal, comme les autres, un parmi tous. Brun, de taille et corpulence avoisinants la moyenne nationale, il n’était pas plus intelligent, ni plus habile, ni plus sportif que ses camarades de classe, mais n’était pas pour autant dans les derniers. Si vous l’aviez croisé dans une rue, vous vous seriez sûrement dit que ce n’était qu’un japonais ordinaire, avec une famille ordinaire qui vivait dans une maison ordinaire d’un quartier ordinaire, et que lui, finirait par fonder un foyer ordinaire et vivre une vie ordinaire jusqu’à mourir de manière ordinaire. Rien ne le distinguait de la masse citoyenne. Jusqu’à ce que certains évènements perturbent sa routine. Jusqu’à ce que, petit à petit, son quotidien prenne un tout autre chemin que celui de départ.

Aujourd’hui, Trash est un reste d’humain, un déglingué encore alerte, un pantin éveillé. Le marionnettiste a un peu trop tiré sur la corde si bien que la poupée s’est abîmée. Il a grandi, le petit. 1m72 maintenant. Et il n’a pas vraiment grossi. Son poids doit avoisiner les 50kg, un peu plus probablement. De corpulence longiligne, sa silhouette suit pourtant un beau tracé masculin. Les muscles peu développés mais saillants, les épaules assez fines mais carrées, le bassin plat, les jambes étirées. D’allure svelte, vous l’aurez compris, sa démarche est nonchalante, presque indifférente aux obstacles qui glissent contre son corps. Vous vous retourneriez dans la rue. Vous le laisseriez passer. Et pourtant, rien ne laisse à penser qu’il est de votre type. Sa figure pourrait ressembler à celle d’un ange déchu. Il a un de ces visages au menton en triangle, aux traits fins, au teint pâlot. Un de ces visages de gosse dont on peut être certain qu’il a commis une bêtise, mais qu’il niera toujours avec une sincérité théâtrale. Son regard dur et triste à la fois paraît froid aux premiers abords, mais sait sourire et s’apaiser dans de rares moments. Un peu grincheux, assez malpoli voire carrément vulgaire, il n’hésite pas à arborer une moue écoeurée et critique envers qui ou quoi que ce soit lui déplaisant. Au contraire, si une chose l’attire, il le montrera aussitôt, étirant légèrement ses lèvres au coin, affichant un regard de prédateur affamé. Ainsi, au gré de ses humeurs, son expression peut changer du tout au tout. A cause de cela, certains l’ont appelé
multi-faces pendant un temps, mais ce surnom n’a pas réellement survécu aux années. Par dessus tout cela, ce qui attirera votre oeil à plusieurs mètres de distance, sera la chevelure neigeuse du jeune homme. Blanche. Ni blonde, ni décolorée, simplement d’un blanc albinos. Ce n’est pas voulu, ni inné, et Kako s’en serait bien passé. Mais certains comprimés mal dosés provoquent des effets secondaires plutôt indésirables... Les cobayes sont là pour ça, tester et encaisser le revers de la médaille. Il le sait, et l'a accepté. Cette couleur est donc due à une dépigmentation capillaire générale provoquée par un traitement de longue durée s'étant révélé instable. Sa pilosité aussi serait blanche s’il en avait, mais étant quasiment imberbe, cela ne se voit aucunement au final. Donc chut... Dernier point, sa peau fine et douce ainsi que son teint pâle embellissent finalement ses yeux d’eau. Ses yeux. J’avais oublié d’en parler. Il les tient de sa mère, française. Deux iris d’un bleu d’eau. Une eau limpide tachetée de points plus verts. Des yeux qui hypnotisent. Il paraît que le grand-père paternel de Kako avait les prunelles claires aussi. D’ailleurs, d’après les quelques souvenirs de cours de biologie qu’il peut avoir, il ne pourrait pas être né avec ces yeux-là si son père n’avait pas aussi cet allèle récessif dans ses gênes. Mais tout ça, Akihiko s’en moque. Il n’a pas besoin de comprendre pourquoi ni comment il a obtenu ce bleu. Ce dont il est certain, c’est qu’avec sa satané dépigmentation capillaire et ses perles d’eau, on le prend un peu trop souvent pour un cosplayer d’on ne sait quoi. C’est irritant.

Côté vestimentaire, Akihiko ne cherche ni à se démarquer, ni à se fondre dans la masse. Il enfile ce qui lui plaît, ce qu’il trouve beau, ce qu’il juge confortable. Souvent, ses fringues sont noires et sombres, blanches et claires, ou tissu jeans. Mais les couleurs vives ou imprimés entrelacés ne font pas partie de sa garde-robe, aussi mince soit elle. Il n’hésite par contre jamais à acheter et porter des matières, formes et assortiments décalés. Plumes ou fausse fourrure à même le torse sur un pantalon digne d’un chanteur de heavy metal, short court à la mode grunge et débardeur baillant plus qu’il n’en faut, ou bien simple paire de jeans délavés et chemise au col ouvert. Il ne passera pas forcément inaperçu avec cet attirail, mais ce ne sera pas généralement à votre goût soyez-en sûr. Puis, au fond, Akihiko s'en contre-fout.

Caractère
Une chose est sûre concernant Trash: il est lunatique, instable, imprévisible. Et il en est totalement conscient. C’est sa force, son armure en quelque sorte. C’est ce qui fait qu’il arrive à avancer. Enfin... qu’il tient debout plutôt, tant qu’il ne recule pas. Tout ce merdier de sentiments qui se chevauchent et s’emmêlent, c’est son masque, tout simplement. Difficile à comprendre, impossible à interpréter. Akihiko se laisse aller, et ne fait que très peu de choix décisifs pour sa propre vie. Il se laisse guider par les évènements, et ne décide qu’au dernier moment, quand toutes les billes sont en place. Attention, il n’est pas inerte ou impassible pour autant, au contraire. De nature assez expansive, il exprime la plupart de ses pensées. Un peu trop. Même des plus intimes. Même si on ne le comprend pas. Car en son sens, si on disait un peu plus les choses, il y aurait sûrement moins de malentendus, et moins de drames.

Passons. Aussi vite qu’il lui est possible de passer à autre chose. En effet, il a cette capacité à occulter une phrase ou une image trop déplaisante. Utile ? Peut-être, oui. Voyez-le aussi comme une fuite, ou un refus du conflit. Au final, Kako, il est accomodant. Sauf quand il est en rogne, ou imbibé, ou à l’ouest. Et ça, c’est souvent. Au final, Kako, il n’est accomodant qu’au fond de lui, au plus profond, dans ces rares choses qu’il ne dit pas, dans ces silences si denses et lourds de sens. Pas de quoi avoir peur pour autant, au jour le jour Akihiko est très vivable. Le problème, c’est à la longue. Quand il commence à s’installer, à prendre ses petites habitudes, quand on le voit un peu plus qu’à petite dose. Là, ça peut devenir une catastrophe. C’est insupportable pour un maniaque du rangement, et psychologiquement très fatiguant à endurer pour une personne en quête de stabilité. D’un côté, le jeune homme est bordélique. Il n’affectionne pas particulièrement le ménage ni l’ordre trop carré des choses. Et de toute manière, il retrouve toujours ses affaires, donc pourquoi les changer de place? De l’autre côté, ses humeurs lunatiques arrivent facilement à déstabiliser son entourage, pour le peu qu’il en a. De câlin il passera à violent en s’arrêtant sur la case mollasson pour finir sur un gros chagrin. Difficile alors de décider si le consoler est judicieux et s’il ne va pas mordre ou aboyer... Mais si vous arrivez à passer outre, vous verrez qu’au fond c’n’est pas un mauvais bougre. Il a ses principes, il a ses valeurs. Blesser profondément quelqu’un n’est pas un comportement valable pour lui, par exemple. Pas consciemment en tout cas. Il reste généreux, compréhensif et très ouvert, et dire que l’empathie est un de ses gros défauts serait un euphémisme sans nom.

En réalité, c’est par cette instabilité émotionnelle qu’Akihiko évite le contrôle total sur les choses, la maîtrise parfaite de son monde, de sa vie. Kako n’aime pas vraiment tout diriger. Il aime se faire promener parfois, dans tous les sens du terme. Se faire porter à bout de bras, ou encore se faire mener par le bout du nez. Il se trouve alors ridicule dans ces moments, et quelque part, ça le réconforte. Il est humain après tout. Il n’est qu’humain. Et il se sert de cela pour raccrocher avec la réalité. Ce réel dans lequel il est si pitoyablement déchu et détraqué. La dure réalité dont il s’est lui-même imputé. Cette existence trop pleine de limites, partout, tout le temps. Trash aime s’en approcher au plus près. Frôler ces limites. Les siennes, les vôtres. Il aime tester, déstabiliser, jouer. Il se prouve ainsi qu’il est bien éveillé, et qu’il ne s’est pas noyé dans la brume épaisse et gluante de ses rêves. En fait, Akihiko se sent bien quand il perd pieds, il aime ça, et il ne va pas arrêter sa consommation exagérée. Non, ça, il ne l’envisage pas. Il faudra faire avec. Pourtant en même temps, il apprécie d’une manière différente la vie sans artifice, telle qu’elle est, fraîche et claire. C’est un peu comme un retour aux sources. Une poignée de vitamines pour pouvoir repartir de plus belle. Tout est dans le dosage.

Tant que l’on parle de dosage, en voilà un ingrédient de sa vie qu’il n’arrive pas à modérer: le sexe. Autant Akihiko a des périodes où il ne touche ni à l’alcool, ni aux drogues - arrêter les clopes serait tout de même abusé... -, autant il ne peut se passer de l’acte jouissif. Il est assoiffé. Son envie est insatiable, et la source intarissable. Effectivement, même si le jeune homme compte peu de personnes dans son entourage proche, il a de nombreuses, très nombreuses connaissances. Des mecs qu’il a croisé dans des soirées, une fille avec qui il a discuté au combini, une autre qui venait garder les mioches de ses voisins, et j’en passe. Facile de trouver de quoi se satisfaire quelques heures. Surtout quand c’est lui qui appelle. Vous avez déjà remarqué? Les gens ont peur, ils ont honte de demander ou proposer une partie de jambes en l’air sans plus d’avenir que cela. Comme si c’était sale, ou immoral, ou pire criminel. Alors que Trash lui, s’en fout royalement. Tout ce qu’il veut, c’est de pouvoir se satisfaire d’une quelconque manière que ce soit. Et les professionnels, ça coûte bien trop cher... Enfin. Tout ça, c’est ce qu’il se dit aujourd’hui, pour essayer de se convaincre inconsciemment qu’il est heureux de cette manière. Il n’en a pas toujours été ainsi. Kako a connu de vraies relations, bancales certes, mais de longue durée. Il a su être fidèle un jour. Plus maintenant. C’est peut-être une vengeance, contre elle, contre lui-même, ou une fuite à grandes enjambées. Tout autant, il n’est peut-être plus capable de s’investir dans une relation émotionnellement et sexuellement durable. Oh, il est fidèle. Mais à sa manière. C’est probablement une des raisons pour laquelle un esclave ou hybride de compagnie conviendrait largement mieux à son mode de fonctionnement qu’un être humain jouissant de toute sa liberté. Même s’il essaye de temps en temps d’être agréable, quelque part il faut être menacé pour le supporter. A moins que vous ne soyez masochiste. Tout le monde finit par partir, si ce n’est pas lui qui claque la porte. Alors qu’avec un être vivant contraint et forcé, il n’y a pas de prise de tête, puisqu’il n’y a rien à discuter. C’est comme ça. C’est le contrat. Et parce que Kako sait qu’il n’y aura pas de grabuge, il se laissera aller plus facilement. Il intègrera complètement cette nouvelle existence à sa vie, il y fera attention, la soignera, la chérira. Cela pourrait devenir un nouveau pilier auquel se raccrocher quand il sombre un peu trop. Une porte de secours. Cela pourrait devenir un premier remède contre sa déchéance... Ou pas.


    •••Un peu plus sur vous ...

Pseudo • Âge ~> Secret. Majeur.
Où avez vous trouvé le forum ~> Par un top site.
Votre avis sur le forum ? ~> Bien bien tout ça!
Lien de votre personnage
avec un autre personnage du forum ?
~> Aucun
Quelque chose à ajouter ? ~> RAS

. . . . . . . . . .


Dernière édition par Akihiko Katô le Mar 14 Fév 2012, 20:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akihiko Katô
Maître
Maître


Date d'inscription : 06/02/2012
Messages : 34
Age : 28
Orientation sexuelle : Bisexuel Ambivalent
Caractère : Mixte
Métiers : Sujet de test / Cobaye
Complément Métier : Clinique
Maitre de : Usagi Makoto, dit Lapin.
Esclave/Pet de : Ses doses, en tout genre.

MessageSujet: Re: Akihiko Katô [Maître]   Mar 14 Fév 2012, 19:36



    •••Il était une fois ...

MSTown, Quartier Bloody, Clinique Kokorogake. Aile du Laboratoire d’Analyses et Recherches Médicales. Section de Recherche Avancée sur les Troubles Pshychologiques. Nous sommes en 2045, Akihiko a 24 ans. Assis sur le bord du lit de consultation, il bat des pieds dans le vide en regardant par la fenêtre, attendant que le docteur revienne et lui fasse son rapport minimaliste d’usage. Il a mal au crâne. Beaucoup, et il est fatigué. Plus que d’habitude. Cela fait maintenant un peu plus de deux mois qu’il suit ce traitement de test, et encore aucun effet secondaire ne s’est déclaré. Sauf ces putains de maux de tête aléatoires. Un frisson lui parcourt l’échine, signal qu’il faudrait peut-être penser à remettre sa chemise. Il se tend pour attraper le tissu crème avec ses pieds, et passe rapidement le vêtement, le laissant pendre par dessus son pantalon noir.
- Rien d’alarmant Katô-san, si ce n’est vos douleurs crâniennes. Cela fait tout de même trois semaines que vous les signalez. Nous en avons pris compte lors de nos derniers dosages, voici le traitement pour cette semaine.
Le médecin, revenu de la salle de préparation, lui tend un sac en papier blanc flanqué du nom de la clinique. Kako se met alors sur ses pieds et réceptionne les nouveaux comprimés. Pas besoin de vérifier, il sait que l’ordonnance est dans le paquet aussi. Et il en connaît déjà les indications. Il jette un coup d’oeil circulaire sur la salle de consultation pour vérifier qu’il n’a rien oublié, et se dirige vers la sortie. Arrivé à la porte, une main sur la poignée, il pose l’index et le majeur de son autre main sur sa tempe en guise d'au revoir. Le toubib lui lance alors ses dernières recommandations.
- Comme d’habitude, suivez les prescriptions à la lettre, et pas d’abus trop illégal Katô-san. Mais ça, vous le savez déjà, n’est-ce pas?
L’homme lui adresse un clin d’oeil complice pour appuyer sa dernière phrase. Réthorique à laquelle il est inutile de répondre. Ce mec, ça doit bien faire trois ans que Trash le connaît. Il a remplacé un vieux parti à la retraite. C’est lui qui le suit dans ce service, et personne d’autre. Pourtant, il persiste à utiliser toutes les marques de politesses qu’il peut envers Akihiko. Ne pas se rapprocher des patients, hein? Une forme de détachement comme une autre. Séparation conventionnelle entre le travail et la vie privé. Soit. Kako s’en fout, c’est un bon médecin et au final, toutes les consultations sont gratuites, de par son contrat avec la clinique. Alors tant qu’il y trouve son beurre, ça lui convient. Le seul problème, c’est qu’il ne pourra pas travailler indéfiniment pour ce service. Traitements trop lourds pour le corps il paraît... Du coup, aucun sujet n’est autorisé à y rester plus de cinq ans, monnayant des pauses entre les tests. C’est déjà pas mal, si on compte que le salaire y est légèrement augmenté, et que donc, les vacances sont payées.

Après un bref sourire dénué de sentiment, Akihiko se retrouve dans le couloir à l’atmosphère si caractéristique des hôpitaux. A croire que le gouvernement n’a qu’une seule charte visuelle pour les bâtiments médicaux. Murs clairs et couleurs pastels, une délimitation horizontale aux ⅔ en partant du haut, le tiers inférieur légèrement plus foncé. Sols... surtout pas carrelés, on pourrait glisser, voyons. Distributeurs à boisson... Toujours aussi dégueu’. Au final, on retrouve bien le style des bâtiments publics banalisés. Kako soupire et se frotte l’arrière du crâne, ébouriffant sa tignasse blanche, avançant lentement à travers l’odeur aseptisée. Il n’a plus rien de prévu aujourd’hui. A part rentrer chez lui, boire une bière, fumer trois clopes devant un feuilleton moisi, et surtout prendre un doliprane et un bon bain chaud. Il soupire à nouveau. Il se sent en vrac. Sa tête bourdonne doucement. Petit à petit, insidieusement, des bribes de passé s’affichent derrière ses rétines, s’extirpant de sa mémoire par scènes, un peu comme des flash au cinéma. L’expression douloureuse de sa mère assise dans son lit d’hôpital. C’était ici, dans cette même clinique. Puis Les gerbes de fleurs sur la tombe. Le visage de son père marqué par le travail, et ses yeux souriants pourtant à leur fils. Le rire du voisin, ce jeune garçon brun et pimpant, et le professionnalisme du docteur. Le premier pour qu’il il a testé des produits. Son propre reflet dans le miroir, le nez en sang. Et son meilleur ami qui s’empresse de le soigner comme il peut. Il avait oublié cet épisode, tiens. Ensuite la fille. Cette fille, au festival d’été. Leur rendez-vous. Leurs rendez-vous. Son ton féminin qui monte dans la chambre, et le coussin qu’elle lui balance à la figure. La porte qui se referme, et le silence solitaire de l’appart. D’autres filles, des mecs. Ca devient brouillon. Il se sent vraiment seul dans ce foutoir...

En relevant la tête, Akihiko se rend compte qu’il a foulé le lino jusqu’au bureau de son père, et que sa main est prête à frapper à la porte. Il ne retient pas son geste, l’articulation de son index toque contre le faux bois. Un homme d’une cinquantaine d’années, grisonnant, fatigué, l’accueille alors en lui ouvrant grand ses deux bras. Son paternel est un homme bien. Médecin généraliste, il travaille dans cette clinique depuis... En fait, Akihiko l’a toujours connu à ce poste. Il n’est ni urgentiste, ni spécialiste, mais d’un altruisme tel qu’il se porte encore volontaire pour les nuits de garde. Ca déblaye les urgences des petits cas bénins, comme il l’explique lui-même. Et il est d’autant plus dévoué aux citoyens qu’il n’a plus que ça dans sa vie. Son fils unique est parti de la maison depuis un bail maintenant, et sa femme est décédée il y a de ça dix ans. L’homme s’écarte pour laisser entrer sa progéniture et l’invite à s’asseoir sur une chaise en face de son bureau, tandis qu’il leur remplit une tasse de café chacun. Bonne idée le café, ça réchauffe, et a peut-être une chance de réveiller le fiston.

- Alors mon fils, comment vas-tu, les examens se sont bien passés? Le traitement s’améliore?
Il pose les deux récipients sur le bureau et s'assoit à son tour dans son fauteuil. MD acquiesce en guise de réponse, puis prend sa tasse et avale une gorgée. Ca fait du bien.
- Et toi, Pap’, la routine?
- Oh mais regarde-toi, tu as boutonné le Lundi avec le Mardi! Voyons mon Kako...
- Merde...

La question est donc éludée. Trash repose son café et s'attelle à remettre sa chemise d’aplomb. Feignant une concentration extrême sur cette tâche, il ne relève pas les yeux vers son père pour entamer la discussion.
- Pap’, t’sais, des fois j’me dis que j’devrais trouver quelqu’un. Un coloc’, un esclave, j’sais pas... Un pet même peut-être. Ou une plante. C’est bien une plante, elle aurait pas de ‘blem avec mes sautes d’humeur au moins... T’en penses quoi?
La dernière question semble timide et maladroite. Ce n’est pas tous les jours que le fils demande l’avis de son père, et l’homme en est surpris. Il pose un regard triste sur le jeune garçon, s’attardant sur le corps épuisé et affalé sur la chaise, n’osant pas soutenir les yeux de glace de sa propre descendance. Un regard qui en dit trop pour le jeune cobaye qui tique et n’attend pas plus longtemps pour rétorquer.
- Pas la peine d’espérer, j’reviendrai pas crécher chez toi, et tu sais très bien pourquoi...
Un long soupir lui répond, soulignant la déception ainsi que la capitulation du père face à la décision de son enfant. L’homme se lève, sans un mot, puis se dirige vers le portemanteau pour fouiller dans la poche intérieure de sa veste. Il en sort un portefeuille boursouflé et malmené par les années. Et de la même manière que l’on donnerait son argent de poche à un gosse, il glisse une poignée de billets dans la main de son Kako. C’est pas vraiment le budget d’achat d’un paquet de bon-becs, ni celui d’un cactus de compagnie. Un vague sourire est dessiné sur son visage, découragé et déchirant. Son fiston, n’est plus cet enfant de 14 ans qui a perdu sa mère. Mais l’homme ne peut s’empêcher d’agir ainsi envers lui, de le couver, de le veiller, de subvenir à ses besoins et de le soutenir dans le peu de projets qu’il a. C’est, pour ainsi dire, sa manière personnelle d’être un père, et une mère à la fois. Bien que ce rôle paternel n’ait en réalité été mis aux oubliettes depuis dix ans.

Leur conversation s’est arrêtée là. Akihiko est parti, prétextant qu’il avait une course à faire. Mensonge, mais c’est mieux comme ça. Ils se seraient regardé pendant plusieurs dizaines de minutes sans rien dire sinon. Sirotant simplement leur café respectif. Alors, comme à son habitude, Trash a esquivé. Et il se retrouve maintenant avec cette petite liasse de billets dans la poche, et ce goût amer de solitude dans la bouche.


Onze mois. Cela fait onze mois que leur relation dure, et pour Kako, rien n’annonce une quelconque fin. Pour Kako seulement, car dans sa tête à elle, dans son coeur, tout bout. Tout se démolit. Elle prévoit de détruire la dernière pierre de l’édifice bientôt. Lui, il est bien, il est posé. Ils sortent en soirée, de temps en temps ; ils prévoient des moments en tête à tête, parfois ; il lui fait de petits cadeaux, rien de bien méchant. Leurs rapports sexuels sont fréquents, ainsi que leurs discussions aussi anodines que sérieuses. Elle fume aussi, boit un peu, et n’a apparemment rien contre la consommation irrégulière de drogues douces d’Akihiko. Ni contre le bordel permanent qu’il laisse sur son passage. En apparence...

Il s’étaient rencontrés une fin d’après-midi, lors du Grand Festival d’Eté. Un simple échange de regard, un sourire, un bon souvenir. Ça devait s’arrêter là, mais il s’étaient recroisé quelques heures plus tard, à une soirée organisée par un ami commun. Un connaissance plutôt concernant Akihiko. Qu’importe. Ils ont discuté longtemps, ont beaucoup ri. Il l’a invitée chez lui, elle a accepté le plus simplement du monde. Tous deux savaient exactement comment cette nuit se terminerait. La relation qu’ils étaient déjà en train de créer implicitement était en accord avec chacun d’eux. C’est ce qui a été si facile, ils étaient sur la même longueur d’onde sans même avoir à le dire. De le même manière qu’ils ont couché ensemble, ils se sont vus de plus en plus souvent, se sont considérés comme un couple, elle s’est installée chez lui et ils sont entrés dans une routine singulière. Mais petit à petit, les habitudes ont changé, certaines ont disparu, d’autres sont venues les remplacer. Sans vraiment s’en rendre compte, ils s’étaient éloignés. Et pour elle, Akihiko n’était décidément plus le même que celui qu’elle avait rencontré ce jour là.

Les va-et-vient réguliers accompagnent le souffle court de Kako. La chaleur moite de sa peau colle le drap sur son dos nu. Lassée de feindre des gémissements minaudés, elle s’arrête net en soufflant l’air de ses joues gonflées. Il se stoppe à son tour, ouvre les yeux, se retire doucement et se redresse sur un bras pour la regarder. Est-elle seulement consciente que cela coupe toute excitation? Oui, évidemment. Et même pire, elle l’a fait exprès, probablement pour se venger de ces moments de frustration qu’elle subit depuis les trois dernières semaines. Mais il n’en sait rien, et il demande d’une voix inquiète:

- Quelque chose ne va pas?
Raté. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
- Quelque chose ne va pas?? Tu me demandes si quelque chose ne va pas?!? Mais RIEN ne va plus Akihiko. Plus RIEN, tu m’entends!
Il écarquille les yeux, un air effaré sur le visage. Qu’est-ce qu’il lui prend? Elle n’a jamais haussé le ton une seule fois avant ça. Jamais. Même la fois où il a échappé la babiole-souvenir de l’année qu’elle a passée en Colombie et qui s’est fracassée contre le sol en éparpillant ses morceaux. Il se recule et s’assoit sur le lit, la dévisageant d’un air impatient. Si elle ne donne pas d’explications rapidement, ça pourrait l’énerver. Elle s’exaspère avant lui de le voir retourner la situation à son avantage. Comme si c’était ELLE qui devait LUI rendre des comptes. Il n’avait donc vraiment rien capté à l’histoire.
- Pas la peine de prendre cet air d’ahuri, t’es à l’ouest depuis un moment à force mon pauvre. Et tu sais ce qui me fait le plus chier? C’est que tu t’en rendes même pas compte...
Elle se relève et l’enjambe pour aller s’habiller, lui jetant le coussin à la figure au passage. Elle sort son sac de sport et commence à mettre toutes ses affaires dedans, en vrac. Non... Pas cette scène-là... C’est tellement cliché. On en rit à chaque fois qu’on la voit dans un film, et pourtant, quand ça nous arrive, on a la gorge qui gratte. Akihiko se lève à son tour et la suit dans l’appartement. Elle ne le regarde pas pour déblatérer tout ce qu’elle a à dire, et parle comme si elle récitait une tirade ressassée depuis des jours. Il sait pertinemment qu’il ne peut rien dire. Quand il ouvre la bouche pour répliquer quelque chose, elle lui reprend la parole d’un coup sec. Ça lui tombe dessus comme une averse de mousson. Et il n’a aucun parapluie à portée.
- Tu vois, même après onze mois avec toi, je peux même pas dire ce que ça te fait que je remballe mes affaires. T’occultes toujours les détails importants pour moi. Des détails sur toi. Alors, oui, tu dis tout c’que tu penses à longueur de temps mais c’que t’as vécu avant, t’en dis rien. T’esquives même. C’est frustrant, ça blesse tu sais. Personne viendra t’aider si tu continues comme ça. Tiens, tu vois “Trash” et “MD”, bah je sais pas d’où ça vient. Enfin si, c’est ton... pote d’enfance là qui t’as appelé comme ça, et maintenant tout le monde le fait aussi, mais on sait pas pourquoi. Vous voulez pas nous dire vous deux, et toi t’as carrément l’air de pas vouloir te souvenir.
Le meilleur pote de Kako, c’est Haru. Un mec un peu paumé, un espèce de dealer de zone qu’il connaît depuis son adolescence. Ils habitaient dans le même quartier quand ils étaient jeunes. Et bien qu’il ne se croisent quasiment pas depuis plus d’un an, le cobaye le considère encore comme quelqu’un de sa famille. Même si leur relation est quelque peu... déchirée maintenant.
- Puis t’arrêtes pas de te droguer depuis quelques semaines, de... de boire et fumer tout le temps, t’en as pas marre d’être aussi stone? Hein? T’es pas stable comme mec, t’arrives pas à mener ta vie comme il faut. Les médecin-chercheurs, ils disent rien? Tu fausses tous leurs résultats avec tes conneries, t’es au courant? Et le jour où ils vont décider que, stop, c’en est assez, tu feras quoi quand t’auras plus aucun revenu?
Il va protester, mais encore une fois elle ne s’est arrêtée que pour reprendre sa respiration. Elle en est à récupérer les affaires qu’elle a dans la salle de bain. Crèmes, shampooing, serviette, dentifrice, brosse à dent, sèche-cheveux, miroir, brosse... D’un coup, ça fait vide. Comme dans le coeur de Trash qui se serre bizarrement et s’enfonce dans sa poitrine. Il a l’impression de déménager.
- Ah oui, excuse-moi, t’iras pleurer chez Papa, évidemment? Il est bonne poire ton père. Et toi t’es un vrai enfoiré avec lui. Tu vois même pas qu’il se crève à la tâche depuis des années pour toi. Tout le fric qu’il te donne, c’est pas un hasard... Il en a toujours de réserve dans sa poche, au cas où son fi-fils en aurait besoin les rares fois où il te croise. Franchement, j’le plains tu peux pas savoir. A défaut de me retenir, tu devrais au moins être reconnaissant envers lui.
Cette fois là, Akihiko a ouvert l abouche sous le choc. Il n’a rien à dire face à ça. Son père, il le vénère, malgré leur relation un peu tendue parfois. Et elle, il n’arrête pas de vouloir la retenir, de l’empêcher de partir, mais plus il attrapera son bras, plus elle aura envie de lui foutre la gifle qu’elle retient nerveusement dans sa paume. Il a ben intégré que c’est la dernière fois qu’il la voit, et il aimerait l’embrasser, longtemps, pour boucler la boucle. Elle le comprend vite. Rien qu’avec la tête de chien battu qu’il fait, ça se voit.
- Pourquoi... Pourquoi t’as pas dit tout ça avant, quand il était encore temps? Reste, on peut en discuter...
Une dernière tentative, vaine d’avance. Si seulement elle avait vidé son sac avant, il aurait fait les efforts nécessaires pour la survie de leur couple. Il aurait pu changer, pour elle. En fait, que ça soit elle ou un autre, Kako l’aurait fait. Tant qu’il se sent aimé, le jeune homme est capable d’aimer en retour. Un sentiment de malaise traverse son thorax. Depuis quand l’aime-t-il par défaut? Depuis combien de temps a-t-elle compris cette vérité? Il la regarde sans trop la voir. Il ne perçoit que cette féminité sensuelle et chaude qu’il connaît et qui lui manque déjà.
- Bonne chance pour la suite...
Un dernier sourire, trop triste, et elle quitte l’appartement. Elle a réussi à retenir ses larmes jusqu’au bout, pour lui, dernière chose qu’elle pouvait faire. Parce que ça fait toujours trop mal de se séparer, même si c’est elle qui part et non l’inverse. Dedans, lui n’arrive pas à pleurer. Il n’arrive pas encore à encaisser le choc, même s’il a très bien compris ce qui l’attend pour la suite.

Elle était sa dernière relation sérieuse. Sa dernière vraie relation. Qu’elle le quitte de cette manière et qu’elle lui crache tout ça au visage, tous ses défauts, ne l’a pas aidé à retrouver ses esprits. Il a sombré un peu plus dans une béatitude de mauvaise augure, et a fini par fermer son coeur, effacer les sentiments trop profonds. Elle ne l’a jamais rappelé. Il ne l’a pas fait non plus. Et au fond, tant mieux, car il aurait peut-être volé en éclats de l’intérieur. A partir de ce moment, Trash n’a pas cherché plus loin que l’entrejambe de ses voisins, des inconnus d’un soir, des jolies filles en teuf. Un seul coup, une seule rencontre, aucun moyen de se contacter ensuite. La deuxième fois ne tient qu’au hasard. Il s’en fout de l’avenir. Pire, il évite de penser plus loin que la semaine suivante. Il a laissé tomber ses projets, ses habitudes trop proches d’elle, ses lubies de couple. Il s’est refroidi. Maintenant il est seul avec ses addictions. A part quand il est sous fort traitement. Et là, c'est bien les pires moments.


Les gouttes de sang perlent sur le devant de sa chemise, laissant une traînée d’un rouge carmin depuis les narines, jusqu’au menton d’où elles tombent. Ça fait déjà quelques minutes qu’Akihiko saigne du nez, et ce n’est pas vraiment agréable. Heureusement, il n’a apparemment rien de pété, c’est l’essentiel. Il entre dans l’appartement de Haru sans prendre la peine de frapper. De toute manière, personne ne serait venu ouvrir, Haru vit seul depuis six mois, et la sonnette ne fonctionne plus. Le grand brun qui lui sert de meilleur ami accourt pour rencontrer son visiteur inattendu. Son expression s’illumine tout d’abord quand il reconnaît la silhouette élancée, puis se durcit d’inquiétude quand il repère la coulée rouge.
- Kako, qu’est-ce t’as foutu encore!
Deux mains s’approchent du visage d’Akihiko pour évaluer l’ampleur des dégâts. C’est chiant, Kako n’est plus un gosse tout de même. Celui-ci s’essuie la lèvre inférieure d’un revers de main et repousse la tendresse envahissante qui revient pourtant à la charge.
- C’est rien. C’est juste des cons qu’ont rien d’autre à faire que d’insulter les homos et qu’ont pas dû aimé mes tiffs. Laisse tomber.
Excuse minable qui passe toujours. Avoir les cheveux blancs, c’est pas facile tous les jours, et elle a bon dos sa dépigmentation. En vérité, les mecs n’étaient pas vraiment des inconnus. Et ils en avaient plus après le grand brun que le pseudo albinos. Une marchandise de mauvaise qualité à ce qu’ils ont dit. Les coups de poing, c’était un message pour Haru, une demande de remboursement. Sauf que Haru n’a jamais refourgué de mauvaise came, à part quand l’acheteur lui paraissait déjà véreux. En conclusion, Akihiko n’avait rien à transmettre à son pote, et eux n’avaient pas d’autre choix que de fermer leur gueule et de se trouver dealer plus miteux. Ils étaient vraiment pitoyables n’empêche. Ils lui ont cassé la figure juste en bas, dans le local à poubelles. Parce que frapper sur un gai leur aurait causé des problèmes. Oui, Haru est gai. Mais ça n’empêche pas qu’il soit un mec bien.

L’hôte regarde son invité de travers pour décrypter la véracité de ses dires, mais abandonne rapidement. Depuis tout jeune, il n’a jamais réussi à tirer les vers du nez de Kako. Jamais. Il le tire par le poignet jusqu’au salon et l’oblige à s’asseoir sur le bord du canapé pendant qu’il s’éclipse dans la salle de bain. Après un bruit fouillis et quelques insultes, il revient avec la trousse à pharmacie et commence à le soigner. Ça pique un peu, surtout au niveau de la pommette éraflée, mais Akihiko ne se plaint pas. Il crispe simplement les yeux et tire une ride sur son front. Le cobaye prend alors la parole, histoire de se distraire pendant que le désinfectant fait son travail.

- Oh fait, ils ont capté que j’prenais des vitamines de temps en temps à l’hôpital. Et devine quoi, ça a plu au doc’. Tu vas rire mais son raisonnement est pas si con que ça. Selon lui, tous les patients qui vont utiliser le médoc ne vont pas forcément être très clean. Du coup, il m’a autorisé à continuer ma conso’, tant que je pars pas dans les trop grosses doses ou les produits trop hard. Il a dit qu’il fermerait les yeux, mais que si un jour il me demandait d’arrêter, j’serais obligé d’le faire. Un accord tacite, quoi. Il est taré ce mec. Et le pire, c’est que de c’que j’ai compris, il va s’arranger pour que ceux avec qui j’vais travailler plus tard ferment leur bec aussi. J’te jure, y’en a qu’ont des couilles.
Haru a l’air distant, un peu ailleurs. Il ne l’écoute pas vraiment mais hoche la tête et lance des onomatopées pour appuyer la conversation. Une fois les soins terminés, Akihiko est comme neuf. Son nez s’est même arrêté de pisser le sang. Il remercie le brun, et baisse la tête vers la chemise en reniflant. Son air dégoûté suffit pour soutirer un rire à son hôte qui lui indique alors la salle de bain.
- T’es chez toi, mec. Tu sais comment faire.
Il n’en faut pas plus à Kako qui se lève, se dessape entièrement sur place et, sans demander son reste, file sous la douche. Quelques secondes plus tard, l’eau chaude coule sur son dos et il soupire d’aise sous la vapeur. Derrière la porte, Haru s’est assis à même le sol. Il revient sur des mots dits en l’air, mais qui ne sont pourtant pas tombés dans l’oreille d’un sourd.
- T’sais Kako, j’suis pas une pédale... J’suis simplement amoureux.
- Hmmm... C’est cool ça. C’est pas une enflure au moins j’espère.
L’eau est juste idéalement chauffée. Elle tombe maintenant sur la chevelure de neige, plaquant les mèches trop longues sur le visage. Il faudra les couper bientôt. Il pourra les tremper dans son bol sinon. Kako éteint les robinets et sort de la douche. Il attrape une serviette, s’essuie au minimum et s’entoure le tissu éponge autour de la taille. C’était une super idée de laisser ses fringues dans le salon! Génial...
- J’suis simplement amoureux de toi... Tu comprends?
- Oh my...
Il lui faut quelques secondes pour intégrer. Ça fait combien de temps qu’ils se connaissent déjà? Ça fait combien de temps que son meilleur pote en pince pour lui en réalité? Akihiko ouvre la porte de la salle d’eau et offre son expression ahurie au jeune homme assis par terre.
- Ah... J... Haru, je... Viens au salon, faut qu’tu m’expliques là...
Haru sourit vaguement, se tient au mur pour se mettre sur ses pieds et suit son protégé en titubant. Forcément, Kako ne va pas accepter. Il va s’enfuir même. C’est normal. Il va le repousser. Pourtant, il regarde son cobaye poser ses fesses sur le canapé et porter ses mains à ses tempes. Il ne part pas? Non. Akihiko, encore sous le choc, attend l’histoire. Il ne veut pas laisser tomber celui qu’il considère plus comme un frère qu’autre chose. Et tout ça, si on en parle, ça peut peut-être s’arranger. Mais Haru est déjà loin dans le tumulte de la dose qu’il s’est injectée juste avant qu’il arrive. Il se situe entre vapeurs troubles et netteté perturbante. Ses prises ont toujours été plus fortes que celle qu’il file à Kako. Et quelque part, c’est normal, il a pas envie de le détruire comme il se détruit lui. Haru lâche finalement prise.

En un rien de temps, le brun s’est jeté sur Kako, l’allongeant sur le canapé, lui enserrant les deux poignets d’une main au-dessus de sa tête. De sa main libre, il dégrafe sa ceinture ainsi que les boutons de son pantalon, baisse son froc, et écarte déjà les pans de la serviette de bain. Il l’a déjà vu nu auparavant, mais c’est bien la première fois qu’il se permet de regarder le cobaye avec autant d’avidité. Akihiko tente de se débattre, mais la conviction est absente. Il ne veut pas repousser cet homme qui compte tant pour lui. Il ne veut pas le blesser, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Alors il lutte à demi-mot, n’ayant d’autre recours que les supplications étouffées. Mais Haru n’écoute pas, il n’écoute plus. Il est intérieurement déchaîné. Il est brûlant, fiévreux. Si sérieux. Voilà qu’il le touche maintenant. Délicatement, du bout des doigts, puis un peu plus. Kako ne sait plus vraiment quoi faire. Il a beau geindre et supplier, rien n’y fait. Il ne s’est pas senti aussi faible depuis un bail. Il ne s’est non plus jamais senti aussi vite excité. Avant même qu’il ne comprenne quoi que ce soit, Haru essaye déjà de s’insinuer en lui. Quelques mouvements de refus, suivis d’une abdication rapide. Il sent ce membre turgescent le posséder, doucement d’abord, puis rageusement. Fougueusement. Il transite entre la douleur, la haine, le plaisir, la remise en question. Ses intestins se nouent, son rythme cardiaque s’accélère et trébuche, sa tête tourne comme s’il allait s’évanouir. Kako rate une respiration sur deux, parfois plus. Ce n’est pas son premier rapport sexuel. Il en a eu d’autres, pas beaucoup mais tout de même. Avec son ex. Cette fille un peu creuse qu’il a vite laissée tomber. Elle lui a offert leur virginité - trouvez l’erreur - pour son anniversaire. Quoi de mieux pour sa majorité, sérieusement? Mais avec un autre homme... Jamais. Jamais, et ce n’est pas si mal. Mal, oui, ça il a un peu mal. Mais la douceur surpasse la douleur. Et pour cette raison, ça n’aurait pu être personne d’autre que Haru. Il n’y a que lui pour lui faire découvrir ces choses-là, un peu marginales. Une larme se faufile et griffe la joue moite de Kako. Il a peur de devenir fou, il a peur que ça ne s’arrête jamais. Il a peur que ça s’arrête un jour. Au-dessus de lui, les lèvres se mordent et s’étirent dans un sourire de complaisance. Les yeux sombres sont humides et remplis de cette eau salée.

Calmé, le regard de Haru se perd un instant dans la banquise claire des yeux d’Akihiko. Celui-ci essaye de reprendre son souffle. Son rire de gosse se répercute dans la pièce, et il tente négligemment de détendre cette atmosphère tout à coup pesante:

- Encore, mais laisse-moi essayer cette fois. Ça a l’air drôle.
- T’es trash, mec. Mieux qu’une dose de MD**. T’es MA MD.
- Arrêtes avec ça, j’touche pas à ces merdes, tu d’vrais l’savoir mieux que quiconque.
- Va-t-en...
Le ton est un peu froid, sans vraiment se vouloir cassant. Akihiko ne sait pas où se mettre. Il a honte de s’être adonné à cet... acte qu’il trouve si plaisant au final. Il ne se le fait pas dire deux fois, se relève précipitamment, attrape son tas de vêtements, les passe à la hâte, et fonce vers l’entrée dont il claque presque la porte derrière lui. Il ne se retourne qu’à ce moment, pas avant. Il n’aurait pas pu le regarder en face, voir cette douleur de culpabilité dans ses yeux sombres. Quelque chose se disloque en lui, puis se rassemble. Non, même après ça, il ne peut pas abandonner celui qui l’a épaulé jusque là. D’ici quelques jours, il ne pensera plus à tout ça, le temps de digérer simplement.

Ce n’est pas la dernière fois qu’ils se sont vus. Mais ce fut la fois où quelque chose s’est fracturé entre eux. Akihiko a assumé ce qu’il s’était passé, pas Haru. Il se sent coupable, il a l’impression d’avoir forcé la main de son protégé. Il a l’impression de l’avoir trahi. Et depuis, à chaque fois qu’il le regarde, il a envie de pleurer et de lui demander pardon. Haru a fini par l’éviter, trouvant des excuses de plus en plus irréalistes. Kako, lui, a bien compris le message, il ne l’obligera pas à se faire du mal. Alors maintenant, il attend à côté du téléphone. Une seule sonnerie, un seul mot, et il sera en bas de chez lui à le héler comme d’habitude. Sauf que le téléphone ne sonne plus. Seuls les souvenirs et ces deux surnoms débiles perdurent.


**MD, diminutif de MDMA (Méthylène-Dioxy-MéthylAmphétamine) aussi appelée extasy. Drogue psychotrope classée comme stupéfiant.


- Mon Kako c’est toi? T’étais où fiston?
La voix du paternel sort de la cuisine et se faufile jusqu’à l’entrée où Akihiko enlève ses chaussures. Celui-ci se dirige vers sa chambre et lance depuis le bout du corridor:
- Avec Haru, Pap’.
Le sac de cours atterrit sans ménagement dans le coin de la chambre, et l’uniforme est rapidement troqué contre un assortiment jogging gris et tee-shirt noir arborant le nom du groupe de rock préféré du jeune garçon. Celui-ci ressort aussitôt et enfile ses vielles basket délavées.
- Mon Kako, tu ressors? Tu vas où?
- Chez Haru, Pap’!
La voix est agacée. Il va où il veut non? Puis ce n’est pas l’autorité mollassonne de son père qui va l’empêcher de faire quoi que ce soit... Il referme la porte derrière lui sans même laisser le temps à une quelconque réponse de prendre vie.

La porte s’ouvre pour laisser apparaître une gamine d’une dizaine d’années. Un coup d’oeil au visiteur, de bas en haut, et elle explose de rire en s’effaçant à l’intérieur.

- Haruuu! C’est pour toi! Il a prit un pot de peinture sur la tête Akihiko!
- Arrête tes bêtises et va jouer.
Un adolescent de type tout à fait japonais prend la place de la fillette dans l'entrebâillement de la porte.
- Oh merde! Mec, depuis quand tu te déteins les tiffs??
Le rire masculin vient remplacer les gloussements féminins, une main devant la bouche pour dissimuler une moitié de la surprise.
- Tsseuh... Tu vas pas t’y mettre toi aussi non? Laisse-moi entrer plutôt, il pèle dehors.
Haru n’arrive pas à s’arrêter de pouffer. Il précède son ami jusqu’à sa chambre en se tenant le ventre. Les deux s’installent comme d’habitude dans la pièce: Akihiko sur un coussin par terre, son hôte allongé sur le lit. Le second attend fermement le pourquoi du comment de cette chevelure passée d’un noir de jais à ce blanc de l’immaculée conception.
- Me regarde pas comme ça, j’suis pas une bête de foire non plus... C’est le dernier traitement. T’sais, celui que j’prends depuis trois mois, qui m’a foutu le tournis et m’a fait pisser le sang du nez... Bah ils ont réussi à me décolorer la tignasse avec. C’est crade sérieux.
- Mais... ça va partir? Enfin... J’veux dire, ça va revenir, ta couleur?
- Bah faut pas rêver non plus... C’est une dépigmentation capillaire...
Kako feint une voix de pimbêche sur la dernière phrase, exprimant tout son désarroi.
- J’suis trop dég’ sérieux. Genre j’suis dev’nu à moitié albinos quoi. C’est génial... J’devrais me faire la boule à ‘z’ en fait, tu crois pas?
Les deux se regardent un moment et éclatent de rire en coeur. L’un de l’idée ridicule de son ami, l’autre de nervosité. Akihiko rit jaune, mais ça fait du bien d’évacuer. Depuis le décès de sa mère, et même avant cela, Haru a toujours répondu présent. C’est son meilleur pote, son confident en quelque sorte, son repos si on peut dire.
- Hey Kako, tu vas voir j’ai c’qu’il te faut. Tu vas aller mieux après ça, juré.
Haru se hisse et fouille sous son lit, la tête pendante à l’envers. Il sort une cassette en métal type vieille boîte de chocolats, ainsi qu’une peluche de poussière qu’il écarte rapidement. La boîte au trésor. SA boîte au trésor. Il l’ouvre d’ailleurs comme un précieux et fragile objet, et en dévoile le contenu à son compagnon dont l’air affiché est plus déçu qu’autre chose. Un espèce de portefeuille à rabats de cuir, une pile de petites feuilles blanches et fines intercalées de bouts de cartons jaunâtres, un briquet, et une sorte de cale en aluminium oxydé par le temps, ou l’usage. Le briquet est la chose la plus reconnaissable, et paraît malheureusement en très piteux état. Devant l’expression dépitée d’Akihiko, le jeune brun sourit et explique avec une fierté toute excitée.
- C’est du shit, mec. Du bon, et j’ai le meilleur tabac qui peut se marier avec.
- Woo... T’as chourré ça où?
- Barf, t’as pas besoin de savoir, va.
- Mais tes parents ils disent rien?
- Les vieux? Laisse tomber, ils sont en procédure de divorce, ils en ont rien à carrer d’moi.
- Ah merde, désolé. Et ta soeur? Elle va pas sentir l’odeur et aller cafter?
- La soeur?? Tu veux rire! Elle est enrhumée depuis deux semaines... Elle sent même pas la différence entre sa soupe miso et la sauce soja. C’est pas elle qui va aller ragoter quoi qu’ce soit crois-moi! Puis si elle rapporte, j’l’épingle au mur.
La préparation de la route vers l’Eldorado ne dure qu’une dizaine de minutes. Bien plus tard, Haru ne mettra qu’une minute et quelques pour tout gérer, mais pour le moment, il s’applique. Il veut faire ça bien, épater son pote, et ça réussit. Akihiko évalue chaque geste, il étudie chaque détail. Il boit les mouvements du jeune garçon jusqu’au moindre reniflement. Haru allume le joint, tire une première latte et tend le magot à Kako.
- Vas-y, teste tu vas voir. C’est juste géant.
On sent l’expérience dans l’appréhension qu’a le brun de l’inspiration fumante. La légère odeur acidulée arrive aux narines du cobaye qui réceptionne soigneusement la préparation entre l’index et le majeur. Il regarde un instant la feuille se consumer d’un orange rougi de chaleur et approche le baiser indirect de sa bouche. L’impatience le fait respirer avant même de refermer ses lèvres sur le pétard. Il tousse, mais recommence l’opération en ricanant sous le regard protecteur de Haru. L’expérience est peu commune et tout à fait plaisante. Après quelques bouffées, la gorge s’est habituée et l’esprit s’embrume déjà. Kako ne sait plus vraiment si c’est la fumée qui trouble sa vue, ou bien si elle se trouble toute seule en louchant sur l’absence de fumée. Ça n’a pas d’importance, il a oublié tous ses soucis. Les deux adolescents mêlent leurs rires pour combler le silence et illustrer la nouvelle musique qui se joue dans leurs têtes. Ils sont en harmonie avec leur connerie enfantine. C’est drôle, et encore mieux ensemble.

Une heure plus tard, les deux zouaves ont calmé leurs émotions, allongés en étoile sur les tatamis, les yeux perdus sur le plafond.

- Allez, c’est pas que j’te jette dehors, mais faudrait qu’tu rentres chez toi, ton pater va s’inquiéter, et demain tu vas encore dormir sur la table en cours.
- T’es fou... J’vais pas en cours. J’arrête, ça me sert à rien vu c’que j’y apprends.
Haru tourne lentement la tête vers le nouvel albinos capillaire.
- Pardon??
- T’as très bien entendu, j’arrête. J’ai déjà un mini salaire, si j’économise j’pourrai subvenir à certains frais, puis avec des traitements plus lourds paraît que ça gagne mieux. Et tu connais mon père, tant que j’suis heureux ça lui va. Suffit d’le rassurer, il m’aidera pour le reste.
- Ouais mais...
Il se suspend un instant et finit par lâcher un soupir inquiet.
- Fais comme tu veux, mais prends soin de toi. J’veux pas te retrouver en légume sinon j’te jure, tu finiras à la casserole!
Ils échangent un sourire. Akihiko sait que, même s’il le voulait, Haru ne se mettrait pas en travers de ses décisions. C’est sa manière à lui de le soutenir et de lui prouver qu’il l’apprécie. C’est sa façon de lier leur amitié.
- Allez file quand même, pour ton père.
- Mouais. J’reviens demain. Tchuss!

C’est la première expérience mémorable que Haru a pu faire vivre à son ami. Ça n’a pas été la dernière, loin de là...


La mort est d’un complexe tellement insurmontable pour l’esprit humain que nos ancêtres, du plus loin qu’ils remontent, se sont inventés tout un tas d’explications mystiques pour répondre à cette incertitude inerte. C’est ce que pense Kako. C’est ce qu’il a toujours pensé, et ce qu’il pensera toujours. La fatalité, le destin, les divinités et les superstitions, pour lui tout ça n’existe que dans l’imaginaire des Hommes. La mort, pour le jeune adolescent, est aussi présente et certaine que le passé. Elle est là, en chacun de nous, et n’attend rien. Elle vient le jour où les circonstances sont suffisantes, quand le corps craque et que le coeur s’arrête. Irrémédiablement. Elle ne joue pas de tour, elle ne guette pas ses proies, elle ne choisit pas. “Elle”, en tant qu’entité, n’existe pas. Ce n’est qu’un état qui commence à un instant ‘t’ et dure éternellement par la suite. Ce n’est qu’un sommeil prolongé, et une dégradation des chairs.

La mère d’Akihiko, depuis deux semaines maintenant, est dans cette situation dont seuls les vivants sont conscients. Elle, maintenant, ne doit plus s’en soucier. D’ailleurs, elle ne se soucie plus de rien, au sens où elle n’en est même plus capable. On dit que les croyances permettent à ceux qui restent de mieux accepter le sort et la disparition de leur proche. Au contraire, pour Kako, savoir que sa mère n’en a plus rien à faire, ni en bien ni en mal, de quoi que ce soit, ça le rassure. Officiellement, on dit qu’elle n’a pas survécu malgré le traitement. On affirme qu’il était efficace et sans complication. Officieusement, il était mal dosé. Les bruits de couloir chuchotent qu’il a aggravé sa dépression. Et quand l’esprit est trop faible, le corps arrête de suivre. Personne ne dira vraiment ce qu’il s’est passé. Mais la rigidité mortuaire, tout le monde s’en souvient. Elle déforme, elle crispe, elle révulse. Et l’après, l’après tellement décontracté, l’après serein, l’au-delà et la peau patinée dans le funérarium, la poupée de cire que l’on ne reconnaît pas. L’état de mort. On ne peut rien y faire.

Les seules choses utiles qu’Akihiko trouve alors pour surmonter ce moment si difficile, c’est de se souvenir du mieux qu’il peut, et d’aider. Pas d’aider sa mère, en quoi pourrait-il le faire? Mais bien d’aider les autres. Il se tourne vers ceux qui ont encore le choix de se battre. Il décide, avec l’accord de son père, de soutenir la recherche et de devenir sujet de test à la clinique. Évidemment, il est trop jeune pour des traitements aussi lourds que ceux administrés dans la section psychiatrique. Mais commencer par de petites pommades, ou des cachets contre les maux de ventre par exemple, ça il en est capable, et autorisé. Il signe nombre de décharges disculpant la clinique ainsi que le personnel en cas de complication irrémédiable. Ça ne refroidit pas le jeune garçon. Ça lui fait même prendre conscience de l’importance que peut avoir son implication. Tout ce qu’il subit lui, tous les effets secondaires qu’il arrive à faire apparaître au grand jour, c’est ça de pris qu’un réel patient ne connaîtra pas. Silencieusement, il se bat. Il se démène dans l’ombre, il lutte. Il résiste, persiste et avance.

Tandis que Kako démarre une nouvelle phase de sa jeune vie, son père lui, s’embrouille sur place et se noie dans la vase de ses mémoires. Il ne réussit pas à trouver d’autre issue que celle de prendre la place de cette féminité indépendante et bienveillante disparue. Il endosse alors toutes les tâches, et prive sans le vouloir un enfant de son repère paternel et viril. Soit, Akihiko est déjà grand, mais il ne manque dès lors pas moins de cette présence autoritaire. Haru. C’est bel et bien ce garçon du quartier qui tient depuis cette époque le rôle de protecteur masculin. Un grand frère pour le nouveau cobaye, un soutien, une nécessité. Quelqu’un dont il n’aime pas être séparer. Une personne qu’il aura du mal à quitter plus tard.


- N’a-t-on pas idée d’épouser une esclave?? C’est insensé. Tu finiras comme ton père qui a perdu tout son argent pour les autres. Tu as vu où ça l’a mené...
- Peut-être, ma Tante, mais il a été heureux j’en suis certain, et ces autres ont pu être aidé un instant. Puis elle, je l’aime, c’est comme ça.

Oui, c’est comme ça. Le père d’Akihiko est comme ça. Un espèce de bon Samaritain qui considère l’être avant le statut, et qui n’hésite pas à choquer les petites bourgeoisies pour mettre un peu plus d’égalité dans ce monde. Car marier une esclave est un déshonneur sans nom. Sauf qu’on ne peut rien interdire aux maîtres. La micro société de MS-Town est comme ça, aussi. Le pouvoir tout puissant à une poignée de gens, le droit seul d’obéir aux autres. C’est de cette manière, grâce à la compassion sans borne d’un jeune médecin et aux lois sectaires de cette belle ville, que le couple s’est officiellement formé, et que l’enfant est né. Kako n’est pas vraiment au courant de tout cette histoire. Et ses parents n’ont ni l’un ni l’autre milité pour une quelconque cause. Seules ces valeurs humaines ont été inculquées au môme, si bien que le petit à grandi dans un univers neutre et hors du temps, se développant sans être ni pour ni contre cet engouement pour l’esclavage et l’hybridation. Ce commerce n’est en soi pas mauvais ou malhonnête, et le problème réside uniquement dans le comportement de certains maîtres. Bref. Quoi qu’il en soit, Akihiko n’a pas à se plaindre, même si toutes les familles ont leur part d’ombre. Et ici, la part d’ombre est obscure, et féminine. La mère du garçon a en effet développé une forme de dépression bien ancrée dans son subconscient. Peu importe qu’il fasse beau ou que son enfant lui offre ses rires les plus enjoués, les deux yeux nénuphars restent hermétiques au monde. Pas de rire émanant de cette voix pourtant si douce. Peu de sourires sur ces lèvres rosées. Des câlins quelques fois, et des mots tendres par moment. C’est comme ça qu’est sa mère. Mais Akihiko l’aime aussi fort qu’un gosse est attaché à celle qui lui a donné la vie. C’est inné. Et sa manière d’être lui suffit largement, il la respecte et l’accompagne, la soutenant dans ce mal-être constant.
- Kako, mon petit Kako. Tu vas être heureux toi, hein? Tu le promets à Maman? Que tu vas être heureux pour deux?
- Oui Maman, toujours, je serai toujours heureux!

Il est si jeune, Kako. Il a seulement de vagues souvenirs, mais ce parfum de jasmin fané est incrusté dans sa mémoire. Il se souvient mal du jour où ils l’ont emmené à la clinique. Elle peut encore marcher toute seule, mais pas longtemps, et elle est tombée plusieurs fois dans les escaliers déjà. Alors son père a décidé de lui trouver une belle chambre blanche à l’hôpital. Il peut être avec elle plus souvent de cette manière. Des gens sont venus expliqué au garçon, pourquoi sa mère ne peut pas rester à la maison. Elle est française, c’est un pays très loin, et il paraît que c’est la vie ici, au Japon, qu’elle supporte mal. Toute cette affuence, le rythme de vie, l’étouffement de la grande ville. Mais Akihiko, il a beau être jeune, il connaît sa Maman. Et il sait pertinemment que ce ne sont que des bêtises tout ça. Sa mère est née dans ce pays d’Europe, certes. Mais elle n’a de français que le physique et le nom. Elle n’y a pas vécu longtemps, elle lui a raconté. Elle ne l’aime pas plus que ça, son pays. Mais du coup, il ne comprend pas, ce que les adultes essayent de lui cacher en racontant ces bobards. Il a toujours connu sa mère comme ça, avec cette lueur triste, défaitiste, dans les yeux. Malgré ça, elle a toujours été une mère aimante. Et même absente, il pense fort à elle tous les soirs.

Le petit est devenu grand. Le Papa travaille pour trois, et Maman est toujours absente. Elle n’est plus à la maison depuis longtemps, elle vit à l’hôpital. Mais même là-bas, elle n’est pas très présente. Son esprit s’endort de plus en plus, et quand on lui parle, il faut bien articuler, et se répéter. Beaucoup. Ca fait mal au coeur, mais quelque part, Akihiko trouve qu’elle est mieux comme ça, dans son monde, que quand on la force à rester alerte, elle s’énerve. Alors lui, il a cessé de l’interroger pour savoir si elle allait bien. Il la regarde simplement évoluer sur place, dans son lit aux draps tirés. A onze ans, il l’aime encore tellement que les gens pensent qu’il s’en fout. Et pourtant... S’ils savaient! Mais il sera toujours heureux, heureux pour deux, n’est-ce pas? Il l’a promis à Maman. Même si c’est dur maintenant.


. . . . . . . . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Akihiko Katô
Maître
Maître


Date d'inscription : 06/02/2012
Messages : 34
Age : 28
Orientation sexuelle : Bisexuel Ambivalent
Caractère : Mixte
Métiers : Sujet de test / Cobaye
Complément Métier : Clinique
Maitre de : Usagi Makoto, dit Lapin.
Esclave/Pet de : Ses doses, en tout genre.

MessageSujet: Re: Akihiko Katô [Maître]   Mar 14 Fév 2012, 19:47

Bonsoir à tous,

Un triple post (j'ai honte) pour signaler que ma fiche est enfin terminée \o/ Elle est longue, très longue, je sais. J'ai fait plus court sur la fin de l'histoire, et je m'excuse d'avance pour les lecteurs courageux... J'espère que ça ne va pas trop vous rebuter.

Une petite demande: Serait-il possible d’obtenir un appart' dans la Résidence Heilyd s’il y reste de la place, après validation évidemment? C’est ce qui conviendrait le mieux à ce petit débauché je pense... Merci d’avance si c'est possible!!

Et une dernière question: Je ne sais pas trop dans quoi classer son métier dans mon profil. Ce n'est pas un métier unique (si d'autres membres sont inspirés par la cobaye-attitude, je ne vais pas monopoliser le poste ^^), mais je n'ai pas vraiment trouvé s'il existe un item correspondant dans la liste existante... Mea culpa si le métier existe déjà!

Enfin, merci à ceux qui ont pris le temps de répondre à mes questionnements pendant la création de ce personnage : )


Kako.

. . . . . . . . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Admin Uyoku
Admin
Admin


Date d'inscription : 30/05/2010
Messages : 1166
Orientation sexuelle : Assexué
Caractère : Fort
Maitre de : Ce monde ~
Esclave/Pet de : Ma fonction.

MessageSujet: Re: Akihiko Katô [Maître]   Mar 14 Fév 2012, 23:30

Bonsoir et (re)Bienvenue Akihiko,

Ta fiche est longue mais très complète et chaque détail de son emploi de cobaye est bien réfléchi.
Il n'y a donc pas plus à ajouter si ce n'est : Fiche validée !


Ton appartement se situe au N°11 de la Résidence Heylid et je t'ai créé le rang de Sujet de test / Cobaye qui n'existait pas encore, avec comme complément la Clinique =)

Amuses-toi bien parmi nous !

. . . . . . . . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://master-soumisv2.forumactif.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Akihiko Katô [Maître]   Aujourd'hui à 21:23

Revenir en haut Aller en bas
 
Akihiko Katô [Maître]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bilten #3 volim#2 Pe Janjis sot lan Sid pou kanpay Fanmi Lavalas.
» Le temps est passé tellement vite, il fait déjà nuit ! [PV : Akihiko]
» Akihiko, te voilà déjà grand.
» Un café, avec du sucre s'il vous plaît ! Et pas de lait, merci. (Pv : Akihiko et Karin)
» Un tout nouveau masque [Kirito Akihiko]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master-soumis V2 :: • Formalités de séjour • :: Fiches d'état civil & Parcours :: Cartes de séjour validées :: Cartes de séjour Maîtres(ses)-
Sauter vers: