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 Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]

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Nezumi Shitei
Pet mâle
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Date d'inscription : 06/01/2012
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Age : 22
Orientation sexuelle : Homosexuel soumis
Caractère : Mixte
Esclave/Pet de : Un fou à lier, Nyuuwa Ame

MessageSujet: Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]   Sam 07 Jan 2012, 03:09


Nezumi Shitei



Feat Inconnu ~ par Kashin-Reina


    •••Carte d'Identité

Nom : Shitei
Prénom : Nezumi (littéralement : « souris », « rongeur », « rat » en japonais)
Surnom : Nezu
Âge : 18 ans et quelques
Nationalité : Japonais
Race : Mi-Humain / Mi-Lérot (rongeur de la famille des Loirs)
Orientation Sexuelle : Homosexuel, sûrement soumis mais il n'a pas encore franchi le pas. A son sens, la relation sexuelle qu'il pourrait avoir avec une personne de genre féminin n'aurait pour but unique que la procréation. Et il n'a pas vraiment dans l'idée de faire naître la nouvelle génération...


    •••Présentation

Physique :

« - Maman regarde une souris!
- Non chérie, ce n’est pas une souris, on appelle ça un loir. Il vit la nuit. Ne lui fais pas peur si tu ne veux pas qu’il parte.
- Mais il est si mignon! Et il a les yeux qui brillent comme de l’or! Je veux lui faire un câlin... Je peux ?
- Ce n’est pas possible, ma puce. Tu pourrais le blesser. C’est comme ça la nature, il faut la laisser tranquille si tu veux qu’elle reste belle. »
C’est ce que la naïveté d’une enfant dirait en voyant Nezumi, à ça près qu’il n’est pas uniquement lérot. Il est aussi humain. Pourtant quand on le regarde évoluer, on ne sait plus trop si les hybrides sont des Hommes auxquels on injecte des gênes animaux, ou bien si c’est le contraire. Il est adorable, petit, gracile. Evidemment, il va encore gagner quelques centimètres, mais plus beaucoup vu son âge. Vraiment plus beaucoup. Alors son mètre cinquante-sept peut se rhabiller. Et tant qu’on y est, ses quarante-quatre kilos tout mouillé aussi. Maigre ? Non, Nezumi n’est pas vraiment maigre. Il n’a pas de poids en trop, voilà tout. Puis, quand il remue son nez et le fronce pour renifler l’air, vous ne pouvez pas résister. Vous craquerez complètement s’il décide ensuite de faire tressauter ses oreilles rondes et brunes, faisant retomber une mèche de cheveux sombres sur son visage à la peau pâle et lisse. Ce sera alors une retombée en enfance quand la petite bestiole balancera sa queue à poil ras et doux. Celle-ci lui descend aux genoux, caressant continuellement ses cuisses d’un plumeau soyeux, brun sur le dessus, gris sur le dessous. Mais même si les grands yeux mordorés dont Nezumi a hérité vous achèvent, un couinement bien aigu vous ramènera sur Terre. Dites-vous que ce cri de peur ou de plaisir n’est pas vraiment contrôlable pour l’hybride, et que son ouïe en pâtit un peu plus que la vôtre. Au final, ses sens sont légèrement plus aiguisé que ceux d’un humain. Son odorat le tient constamment en alerte, pistant les effluves de nourriture autant que les odeurs de mort. Sa vue, trop sensible à la lumière directe, ne l’aide pas vraiment de jour, mais est une alliée fidèle dès que tombe la nuit. Jouer à cache-cache est alors un jeu d’enfant.

Côté vestimentaire, la bestiole n’est pas difficile. En même temps, on ne peut pas vraiment dire qu’il a connu des armoires très garnies… Donc un rien lui convient. Une salopette, un short paré d’un tee-shirt simple, un jean quelconque à la tendance délavée enfilé sur un débardeur détendu, des baskets paraissant moins neuves qu’elles ne le sont, des pull trop grand au col évasé… Vous pourriez l’habiller dans un style gothique, élève modèle, majordome ou encore garçon rebelle, ça lui irait. Même une tenue féminine ne le ridiculiserait ~ malheureusement ~ pas. Comprenez donc, ce n’est pas ce qu’il porte qui fait le charme de ce petit être, mais bien l’attitude et les mimiques qu’il peut adopter.

En temps normal, Nezumi arbore une expression méfiante, voire apeurée selon l’environnement dans lequel il se trouve. Les sens aux aguets, des coups d’œil jetés nerveusement autour de lui, il étudie en permanence ce qui l’entoure. Au moindre danger pressenti ~ et il est légèrement paranoïaque sur ce point ~ son cœur va s’emballer et ses gestes deviendront plus vifs et crispés. Il pourrait partir se cacher dans un coin comme se figer sur place dans ce qu’il appelle « la feinte du mort » pour échapper à ce qu’il croit être une agression. Mais si vous arrivez à obtenir sa confiance, vous l’aurez apprivoisé pour de bon. Il glissera alors des éclats d’amusement dans ses yeux pour que l’or y pétille. Rehaussant ses pommettes et entrouvrant les lèvres, il se parera alors d’un sourire des plus enjôleurs.

En conclusion, de prime abord, Nezumi n’a pas l’air d’être beaucoup plus qu’une peluche craintive qui se carapate au moindre danger, je vous l’accorde. Mais la réalité est toujours plus compliquée n’est-ce pas ? Ne vous arrêtez pas aux apparences, vous manqueriez tellement de choses…

Caractère :

« Il est tellement chou! Il a l’air terrorisé le pauvre. N’aies pas peur mon petit. Tu es perdu? »
Oui. Non. Nezumi est perdu, mais il ne veut pas vraiment retrouver le chemin de la maison. De toutes manières, la maison n’existe plus. Alors à quoi bon la chercher? Il a les pieds bien sur terre malgré ce qu’on pourrait penser. Vous le voyez probablement comme un petit être qu’il faut protéger. Ou bien une proie facile, qu’importe. Dans les deux cas, vous devriez réétudier votre jugement. Cette bestiole de lérot est bien plus intelligente qu’elle en a l’air. Nezu, c’est un peu comme un enfant surdoué en réalité. Sauf qu’il est adulte maintenant. Et qu’il est seul. Il a grandi un peu trop vite durant les cinq dernières années, et peut-être pas assez pendant les treize premières. Quand le laboratoire existait encore, il était cajolé et encadré quotidiennement, les équipes scientifiques étant aux petits oignons. Tant et si bien qu’abandonner la curiosité infantile qu’il avait à cette époque n’est pas réellement possible. Nezu, au final, c’est un adulte encore capable de demander pourquoi le ciel est bleu, et pourquoi les étoiles ne brillent que la nuit. C’est un enjoué qui découvre une tartelette caramel / noix de pékan et se jette dessus en oubliant tout du monde réel. C’est un curieux maladif. Et tout le monde sait que la curiosité est un vilain défaut, même lui. Il est conscient que son intérêt compulsif pour toute chose le perdra un jour ou l’autre, mais cet appétit est dans ses gênes. Il ne peut pas s’empêcher de s’approcher, de sentir, de vouloir voir et comprendre. Malgré le fait qu’il soit peureux, il finit toujours par faire le pas de trop. Au final, son cœur en prend pour son grade à chaque fois. S’il ne termine pas ses jours à cause d’une crise cardiaque, ce sera sûrement un stress post-traumatique qui l’achèvera.

A côté de ça, on ne peut pas dire que Nezu est asocial ni même impoli. Il fera sans doute des faux pas, maladroit comme il est, mais il sera enclin à apprendre et à s’adapter. Que voulez-vous, il n’a pas été éduqué pour avoir un maître à la base. C’était un sujet de test, une précieuse découverte, une nouvelle race. Il a ingurgité tout un tas de connaissances pour ça. Il a aussi essuyé des réprimandes. Beaucoup. Car il paraît que c’est comme ça qu’on retient le mieux. Alors Nezumi a retenu. Il a aussi compris que parfois, pour son propre bien, il valait mieux obéir et se taire. Il n’a jamais aimé se forcer, mais son instinct de survie dépasse tout entendement.

Autres informations, le petit lérot est légèrement plus nocturne que diurne, de par sa génétique animale. Il s’endormira donc plus naturellement de jour que de nuit, et se réveillera au coucher du soleil. Son métabolisme n’est pas perturbé pour autant si on l’oblige à inverser son rythme. Vive le génome humain. Par ailleurs, la petite chose est agora et pyrophobique. Autrement dit, l'hybride a peur en présence d’une multitude de personnes, et passe carrément dans un monde de cauchemars à la vue du feu. Sa première angoisse n’est pas vraiment permanente. Il étouffe et se sent acculé quand la foule lui est inconnue seulement. Du moment où il sait qui l’entoure, il n’ira pas se cacher derrière le rideau. Concernant sa seconde ~ réelle et incurable ~ phobie, elle est due à son passé. Depuis l’incendie du laboratoire, tout a changé. Par pitié, si vous pouviez éviter ce sujet, et utiliser des plaques électriques, ce serait bien aimable.

Dernier point, en tant que pet, Nezumi n’est pas contrariant. Si vous arrivez à l’amadouer ~ ce que je vous souhaite mais rassurez-vous ce n’est pas si difficile, il faut simplement faire preuve de patience ~ vous le trouverez alors docile, serviable, fidèle et probablement très attaché. Une fois qu’il vous aura accepté, l’hybride aura probablement peur que vous l’abandonniez, que vous disparaissiez, que vous ne reveniez plus. Qu’il soit seul à nouveau. Alors il va s’accrocher à votre bras, et demander où est-ce que vous allez, un air inquiet sur ses traits fins.



    •••Il était une fois ...

~ Chapitre 1 ~
La paresse du quotidien nous endormait tous. On ne savait pas… comment vivre autrement...
L’hiver est arrivé bien tôt cette année. On va beaucoup moins jouer dehors du coup. Et il faut bien se couvrir parce que le froid, ça fait toujours mal aux oreilles même avec un bonnet, et ça pique les yeux. Du coup, à chaque fois, ça me fait pleurer. Ce n’est pas agréable, mais le Dr. K. nous oblige à aller prendre l’air tout de même. Il dit que c’est pour notre santé, même si je sais très bien que c’est encore un exercice. A chaque fois, il est derrière la fenêtre et il note des choses sur son carnet. Mais ce n’est pas grave, parce que quand on revient à l’intérieur, il y fait encore meilleur qu’avant, alors c’est amusant. Je préfère quand même quand on travaille dans la salle de tests. C’est beaucoup plus drôle. Il faut s’asseoir avec le Dr. S. et faire ce qu’il demande. Parfois, c’est difficile, mais le docteur est très gentil. Le tout est de ne pas tricher. Sinon, il s’énerve, et il me gronde. Je n’aime pas quand on me crie dessus comme ça, ça fait peur, j’ai peur qu’il me frappe. Alors j’essaye de ne pas pleurer et je recommence le test. Si je réussis, après ça va mieux, et je peux retourner avec Papa et Maman dans la cellule. Mais je sais que les infirmiers ne sont pas contents. Donc je me concentre encore plus la fois d’après, pour les rassurer. C’est mieux quand ils sont de bonne humeur. J’ai le droit à des noix comme ça, et je les partage avec Maman, elle adore ça.

Mes parents sont tous les deux des « Z-Lérot », comme disent les équipes de blouses blanches. On appelle Papa et Maman comme ça car ils représentent la première génération d’une nouvelle race d’hybride, la branche zéro. Ce sont des créations du laboratoire, on me l’a expliqué plein de fois. Et moi je suis leur seule descendance. On m’a dit que Maman ne pouvait plus avoir d’enfant maintenant, parce que son hybridation n’était pas tout à fait au point. A cause de ça, ils sont en train de faire d’autres éprouvettes, qui seront comme mes parents. Il y aura une fille, et c’est avec elle que je devrai procréer. Il paraît qu’elle grandit bien, mais je ne l’ai jamais vue. De toutes manières, je n’ai pas envie de la voir. On est trop jeunes pour créer la génération suivante. Après tout, je n’ai que dix ans. Et je n’aime pas les cours d’éducation sexuelle, je n’arrive pas à tout comprendre, il y a beaucoup de choses à retenir, et je ne suis pas autorisé à faire les exercices. Même les leçons de vie quotidienne sont plus intéressantes du coup. Le problème, c’est que le Dr. K. a dit que c’était important, car j’étais né pour développer la nouvelle race. Il a dit que je n’étais pas fait pour avoir un maître, que ce laboratoire était expérimental. Ce n’était pas comme les autres laboratoires où il y avait des nurseries et des vrais centres d’éducation. Je n’ai pas compris ce qu’il entendait par tout ça, mais je n’ai pas posé de questions. Je ne comprends pas non plus ce que c’est un laboratoire, qu’est-ce qu’il y a après, ou si quand on passe la porte interdite on disparaît. Tout ce que je sais, c’est qu’avec Papa et Maman on va rester ici ensemble, pour toute la vie. On est bien ici.

~ Chapitre 2 ~
… Puis tout a basculé. Il ne reste plus rien maintenant. Il ne reste plus que moi…
C’était dans l’année de mes treize ans. Tout le monde s’est réveillé en sursaut à cause d’une détonation sourde. Puis l’alarme s’est mise en branle. Mes parents se sont regardés un long moment avant de se lever. Je les ai suivis sans rien dire, ils avaient l’air de ne pas mieux comprendre la situation que moi. Dans le sas d’entrée de notre cellule, une lumière rouge clignotait au-dessus de la porte. Alors Papa a poussé un des deux grands battants, et celui-ci n’a pas résisté comme il le faisait d’habitude. Le verrouillage avait dû être désactivé, mais cela voulait dire qu’il y avait un réel problème dans le bâtiment. On nous avait appris une procédure d’évacuation à suivre en cas d’urgence. On n’a pas vraiment réfléchit à ce moment, on est sortis tous les trois dans le couloir du premier étage. Ma mère tremblait de peur, elle avait déjà des larmes aux yeux. On a avancé jusqu’au bout de la galerie, là où on devait normalement emprunter l’escalier de secours qui menait au grand jardin intérieur du rez-de-chaussée. Des hybrides étaient déjà là, et d’autres arrivaient encore derrière nous. On essayait tous de se boucher les oreilles tellement la sonnerie était stridente. Mais la porte de sortie semblait bloquée, alors tout le monde a commencé à paniquer, sans vraiment trop parler. Une deuxième explosion a retenti en bas. C’est là que Maman a craqué. Elle a explosé en pleurs, couinant de désespoir comme elle savait si bien le faire. Je ne l’avais pourtant jamais entendue crier de cette manière. C’était comme si elle évoquait ses dernières heures. Et je ne pensais pas si bien dire à cet instant. Papa n’a pas supporté non plus. Il m’a regardé, puis a poussé la porte interdite avec son épaule. Elle non plus n’a pas résisté. On l’a tous suivi. Dans le corridor, il y avait de la fumée, noire, dense, insidieuse. Je n’arrivais plus beaucoup à respirer, les autres non plus. On s’est mis à courir jusqu’à ce qui semblait être un grand escalier. Puis on est descendus, tous ensemble. Et c’est là que j’ai vu. De grandes baies vitrées faisaient face à l’enfilade de marches. Il faisait encore nuit dehors, pourtant… Pourtant il y avait des mouvements de lumières dans les vitres. On était apparemment de l’autre côté de l’entrée principale du bâtiment, et là-bas, un feu avait pris. Une pagaille aléatoire de personnes, humaines et hybrides, commençait à naître au niveau d’une plaie béante formée dans le mur du laboratoire. Ce que je ne saisissais pas, c’est pourquoi certains essayaient d’entrer. J’ai su plus tard, en lisant un journal dans une poubelle, que c’étaient des manifestants extrémistes. Ils se disaient ouvertement opposés aux expériences scientifiques menées sur l'hybridation, et ont attaqué notre laboratoire pour illustrer leur cause. L’incendie se propageait rapidement. On entendait déjà le crépitement des flammes. Puis c’est devenu l’apocalypse, et tout s’est accéléré. Le bâtiment tout entier craquaient sous la chaleur, et des pans de cloisons s’effondraient un peu partout. Mes parents se sont enfuis d’un côté. J’ai tenté de les suivre, mais j’avais les yeux remplis de buée. La fumée me tailladait les pupilles. Et quand j’ai réussi à faire la mise au point, ils avaient déjà disparu dans le tumulte. C’est à cet instant que j’ai vraiment réalisé l’ampleur des circonstances. Mais l’instinct de survie est plus fort que tout, d’après ce que disait le Dr. S. Alors j’ai laissé ce sixième sens me guider, et j’ai trouvé une brèche dans une fenêtre pour m’extirper de la prison agonisante. Je me suis éloigné, et j’ai attendu plus loin, là où la pénombre reprenait pied. J’ai attendu longtemps. Des sirènes sont arrivées, et des gerbes d’eau se sont abattues sur les flammes. Tout le monde criait. Puis, quelques heures plus tard, le feu s’est arrêté. Il ne restait que la fumée, et des larmes. Je n’ai jamais vu mes parents sortir du bâtiment. Beaucoup ont péri dans l’incident à ce que j’ai compris. Les hybrides récupérés ont été envoyés dans un autre centre. Moi, je suis parti dans les buissons, la gorge serrée. Je reste l'un des rares rescapés que la nature a caché cette nuit-là.

~ Chapitre 3 ~
… Seul, on est bien aussi. Il fait plus froid, mais personne ne peut nous faire de mal…
A ce moment-là, quand je me suis enfoncé dans les talus, quand j’ai tout abandonné derrière moi, je me suis senti creux, vide. Comme si ma conscience s’était envolée en cendres fines avec la fumée. J’ai avancé pendant longtemps. Je ne saurais pas vraiment dire si ça se rapprochait de quelques dizaines de minutes, ou de quelques heures. Ce n’est pas vraiment important, j’étais déjà perdu. J’ai traversé des champs, plusieurs fossés, quelques regroupements d’arbres. J’ai failli me faire emporter par le courant d’un canal aussi. Heureusement, il n’y avait pas beaucoup d’eau, sinon je me serais probablement noyé. Je ne sais pas nager. Et l’eau était glaciale. J’ai grelotté longuement après ça. Donc j’ai couru, pour me réchauffer, mais ça n’a pas vraiment fonctionné. Ca m’a juste donner l’envie d’éclater en sanglots, je ne sais pas pourquoi. La fatigue sans doute, mais j’ai ravalé ma salive et j’ai continué. Mon but, mon seul but à cet instant, ce pour quoi j’épuisais les forces qu’il me restaient, c’était d’avancer le plus loin possible sans me retourner. Comme Orphée remontant des Enfers pour sauver Eurydice, j’avais l’impression que je pouvais retrouver mes parents ainsi. Douce utopie, mais ça m’a permis de ne pas flancher. Peut-être que sans ça je serais mort de froid, ou de faim. Puis je suis arrivé face à un mur grillagé. Ca devait être la limite de la propriété du laboratoire. Les grilles portaient des placards de danger tous les dix mètres, prévenant de la surtension dans le métal. Je ne m’en suis pas plus approché. Je l’ai longé, sur plusieurs centaines de mètres je crois, jusqu’à ce que je tombe sur une bouche d’évacuation des eaux de pluie. C’était un gros tuyau, j’aurais pu y loger trois fois. Mais ça ne sentait pas vraiment bon à l’intérieur, et je n’arrivais pas à en distinguer la sortie. Entre ça, et faire un tour complet de l’enceinte pour finir par retomber sur les lieux de l’incendie, mon choix était vite fait : je préférais encore sentir le rat mort. Je me suis engagé dans la bouche sans plus réfléchir, et ai simplement prié Mère Nature pour que la fin du calvaire ne soit pas trop loin. Quand j’ai pu enfin remettre le nez dehors, j’étais à l’orée de ce qui paraissait être un bois. Mais derrière les pins, plus loin, je pouvais apercevoir de grandes tours, grises, bleutées, aux formes carrées ou rectangulaires, aux angles abrupts sous le nuage épais de l’aube. Le soleil pointait son museau entre les grattes-ciel. Ca faisait un peu mal, puis j’avais sommeil, et je commençais à avoir faim, très froid, et à sérieusement avoir mal aux pattes. J’ai cherché un coin à l’abri, finissant par m’adosser à un des arbres. C’est dans ces moments, où on relâche la pression, où on commence à souffler, que tout ressurgit, qu’on prend réellement conscience de ce qu’il a pu se passer. Portant mes mains à mon cou où trônait encore le collier d’examen, j’ai lutté pour le briser, m’entaillant la peau de la nuque. J’étais peut-être jeune, mais je n’étais pas idiot. Et je savais pertinemment qu’à partir de ce jour, ce serait marche ou crève. Un déserteur, un rescapé, un étranger. Voilà ce que j’étais devenu aux yeux de ce nouveau monde. N’ayant aucune idée du fonctionnement de cette réalité tellement différente de ce que j’avais connu jusqu’à présent, je me suis effondré. J’ai déversé tout ce qui pouvait sortir de mes yeux. J’ai essayé de crier aussi, mais ma voix était enraillée, à cause de la fumée et du froid. Et je me suis endormi, tétanisé par tous les évènements.

Là non plus, je ne peux pas dire combien de temps j’ai somnolé, entre mauvais rêves et souvenirs. Je ne connaissais aucun des bruits qui m’entouraient, et n’étais pas tellement serein à vrai dire. En tout cas, quand je me suis réveillé, il a fallu que je me nourrisse. Le calvaire. J’ai pu trouver quelques bricoles, mais une expédition près de ces bâtiments de géants a été plus fructueuse. De là, je suis passé de cachette en cachette, dérobant mes victuailles dans les poubelles, dormant sous des escaliers ou dans des terrains vagues, récupérant des tissus crasseux et rapiécés pour me couvrir. La meilleure de mes caches resta de loin la décharge automobile. Mais je vous passe les détails, ils ne servent à rien, sinon à ce que vous vous apitoyiez sur mon sort. Et ça, j’en veux pas. Le tout est de savoir que j’ai passé cinq années de ma vie à survivre comme ça. Je n’étais pas si mal au final, quand on voit ce que je subis maintenant… J’étais seul, certe, et je faisais tout pour éviter les autres, qu’ils soient humains ou hybrides. En lisant des papiers dans les caniveaux, j’ai pu me faire une idée de tout ce qui se tramait dans les artères de la ville. Et j’étais convaincu d’une chose: je n’y participerais pas de si tôt. D’ailleurs, je me suis vite éloigné des grands buildings et des trafics affairés, préférant me réfugier le plus souvent dans la banlieue, plus calme et d’ailleurs moins polluée. Jusqu’au jour où tout ce que je croyais avoir reconstruit se révèla être aussi fragile que du sucre sous la pluie…

~ Chapitr 4 ~
… Mais au final, rien ne va comme on veut. Il peut toujours y avoir pire.
C’était un matin, très tôt. Il devait être cinq ou six heure à peine et je n’avais pas réussi à trouver de quoi me nourrir depuis la veille. Il faut dire, je m’étais assoupi plusieurs heures pendant la nuit, ça n’avait pas aidé à faire avancer ma chasse. Mes sens étaient en alerte tellement mon estomac gargouillait, si bien que j’ai tout de suite identifié les effluves de kinako-dango** grillés. Ca sentait bon. Une odeur ni trop sucrée, ni trop salée. Rien qu’à l’idée de mettre ces petites boulettes de riz réchauffées dans ma bouche, j’en salivais. Le met ne semblait pas être très éloigné. Il devait être à une dizaine de mètres de moi, tout au plus. Me laissant guider par mon nez, je suis facilement arrivé au trésor. Trop facilement. Et la barquette de polyester était là, négligemment posée sur un muret, dans un coin du terrain vague. J’aurais pu ~ et dû ~ sentir la facilité. Tout comme j’aurais pu remarquer la cage grillagée appuyée contre une bosse de terre, ou encore la cordelette accrochée au piège et traversant la cour. Mais ces cinq dernières années d’entraînement à fuir les humains, de méfiance, et de vie à l’état sauvage, je restais indéniablement naïf, et surtout trop affamé pour être raisonné. Les chasseurs n’ont pas eu de mal à me capturer. Je me suis débattu de tout mon saoul, couinant comme ma mère l’avait fait dans ses derniers moments, mais ça n’a pas changer la donne. A travers le grillage, ils m’ont injecté le contenu translucide d’une seringue, et j’ai senti ma conscience sombrer profondément.


………………………

… Des cahots, des secousses.
Des bruits de chaînes et des voix……

… lointaines.
Derrière la brume.


Il fait trop chaud. Puis trop froid. Mes muscles font mal, ils se déchirent de l’intérieur. Mais je sombre encore.


Un grincement strident.
Des pas, lourds et clinquants, puis une entrave autour de mon cou. Tout ce que j’aurai fait n’aura donc servi à rien. J’ai l’impression de retrouver le collier d’examen. Il n’y a aucune odeur d’hôpital pourtant.
Je bouge encore, on me transporte.

Des voix, à nouveau. Les mêmes.
Je crois.
Et d’autres. Ils discutent fort, mais je ne comprends rien.


J’ai l’impression qu’on me marchande.


On me soulève. On me repose. Mon dos est collé à une paroi froide. C’est humide. Je perds l’entrave sous ma gorge. Puis…



J’ai un trou noir…
……………………



Quand j’ai à nouveau ouvert les yeux, je me suis senti nauséeux. Ma tête cognait, mon estomac était noué, et des frissons me parcouraient l’échine. J’ai voulu me recroqueviller, puis m’étendre, chercher une position plus confortable, mais des barreaux entravaient mes mouvements. J’étais enfermé dans une cage, dans ce qui paraissait être une animalerie. Fourrière. Tout ce que je pensais éviter, j’avais réussi à y plonger la tête la première. J’ai failli pleurer à ce moment-là. Cela faisait longtemps. Cinq ans. J’ai refoulé mes souvenirs, et ai essayé de dormir, pour calmer les douleurs. Mais j’étais, au final, trop en colère contre moi-même pour pouvoir me reposer. Alors j’ai regardé autour de moi. Il y avait d’autres hybrides, plus ou moins calmes, plus ou moins effrayés par la situation. Moi, j’étais devenu fataliste. J’avais mérité mon sort quelque part. Je n’avais jamais réussi à admettre que j’avais été le seul à pouvoir m’échapper lors du grand incendie. Il devait y en avoir d’autres, des comme moi, des qui avaient survécu. Mais, tous, on ne valaient rien. Notre existence initiale même n’avait jamais été connue du grand public. Et il aurait dû en rester ainsi. Mais j’avais été trop stupide. Dans mon désespoir, j’ai couiné et me suis frappé le poignet sur un barreau. Là aussi, j’aurais pu m’abstenir, car un employé est arrivé, et s’est accroupi devant la cage. Il n’avait pas l’air très sympathique, mais mon analyse sur ce point était difficilement objective. Il a souri, et a sorti un calepin assorti d’un stylo de la poche arrière de son jean. Je ne savais plus tellement si, en réalité, je n’étais pas revenu dans un laboratoire, aux tendances d’asile des sans abris. Mes doutes se sont faufilés dans mon regard, extirpant un semblant de compassion au jeune homme, qui se senti obligé de m’expliquer ~ m’enfoncer plus bas encore je dirais même.


« T’as pas à avoir peur, petit. T’es bien mieux ici que d’être resté avec ces chasseurs de pets véreux, crois-moi… Hey tu me comprends quand je parle ? Tu peux parler ? »

Evidemment, je pouvais parler, même si ça faisait un bout de temps que je n’avais pas échangé des mots avec quelqu’un. Je me suis contenté du minimum, répondant par monosyllabes quand je le pouvais. Il a détaillé tout ce qu’il pouvait tirer de ma bouche sur son carnet. Nom, prénom, âge, sexe, race exacte, type de naissance, capacité à écrire, à lire, à compter, capacités spéciales dues à mon hybridation, caractéristiques physiques autant humaines qu’animales, ville d’origine à laquelle j’ai répondu « inconnue », évènements importants pour lesquels j’ai gardé le silence en lui jetant un regard des plus perturbés, famille… Là, j’ai senti les larmes monter. Alors il s’est arrêté, et a soupiré. Il ne donnait pas l’air de vraiment aimer ce qu’il était obligé de faire, mais je ne lui pardonnais pas pour autant. S’il n’appréciait pas, il aurait très bien pu ne pas le faire. C’était une des raisons pour lesquelles je m’étais pris en grippe avec la race humaine ces dernières années : ils aimaient se trouver des excuses afin de ne pas avoir à justifier leurs actes.

« J’en ai assez pour le moment. Repose-toi, il vaut mieux que tu aies meilleure mine si tu veux que quelqu’un t’achète. »

Comment pouvait-on retrouver la santé quand on recevait une telle déclaration au visage ? J’étais trop fatigué encore, trop déboussolé aussi, et trop chamboulé entre mes souvenirs et mon mal-être. J’avais abandonné ma liberté, et je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. J’ai laissé passé les heures, les jours, les semaines.

Ca fait un mois que je suis là, et rien n’a changé, si ce n’est le fait que je ne sursaute plus quand une cage se referme.



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**kinako dango : dango accompagné d’une sauce caramélisée au kinako (farine de soja grillé).





    •••Un peu plus sur vous ...

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Où avez vous trouvé le forum : Sur un top site rpg
Votre avis sur le forum : Comment dire ça... C’est évident non? Si je n’aimais pas, je n’aurais pas envie de participer...
Lien de votre personnage avec un autre personnage du forum : Aucune idée pour le moment. Toute proposition est la bienvenue! Mais soyez patient avec Nezu ^^"
Quelque chose à ajouter : Merci aux admins pour le prédef! Et autre chose, j’écris mes rp à la 3ème personne, l’histoire est un peu différente là mais ça ne sera pas comme ça dans les posts ^^

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Nezumi Shitei
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MessageSujet: Re: Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]   Mar 10 Jan 2012, 23:25

Avec ceci, la fiche touche à sa fin.

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MessageSujet: Re: Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]   Mer 11 Jan 2012, 11:16

Bonjour et Bienvenue Nezumi ~

Voilà une magnifique adaptation de prédéfini, tu as parfaitement cerné le personnage et ta fiche est très agréable à lire. Je ne peux que te valider ^^

Tu peux déjà aller jeter un coup d’œil aux annonces déjà postées ou bien faire ta propre demande pour te trouver un partenaire de jeu à ta convenance. Bon RP!

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MessageSujet: Re: Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]   Aujourd'hui à 12:30

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Nezumi Shitei [hybride mâle ~ Personnage Prédéfini *Terminé*]
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